L’œuvre poignante de Nicholas Nixon : de l’intime à l’universel

Sa fascinante série des Brown Sisters est devenue mythique, valant à son auteur la reconnaissance au-delà même des milieux de la photographie. Mais Nicholas Nixon, né à Detroit (Michigan) en 1947, est aussi l’auteur d’un travail plus vaste, tirant le meilleur parti du potentiel descriptif de l’appareil photo. La camera grand format, le noir et blanc, l’utilisation du contact sheet mais aussi la proximité systématique et l’interaction avec le sujet sont les caractéristiques distinctives d’une œuvre marquante qui raconte simplement la vie.

©Kehrer Verlag
Bebe and I, Savignac de Miremont, France,
©Nicholas Nixon, Courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco

Bruxelles accueille pour l’instant une exposition-rétrospective de Nicholas Nixon, présentée par la Fondation A Stichting (*) qui s’est donné pour mission de soutenir la création, la connaissance et la conservation de l’image photographique. Une sélection diversifiée provient de séries réalisées par le photographe américain depuis plus de 40 ans. Un livre-catalogue, publié chez Kehrer Verlag (**), accompagne cette rétrospective organisée par la Fundacion MAPFRE de Madrid en collaboration avec sa partenaire bruxelloise.

Après ses premiers travaux d’étudiant dans les banlieues d’Albuquerque (Nouveau Mexique) dans lesquels sa maturité déjà nous étonne, Nicholas Nixon s’intéresse à Boston, s’émerveillant devant l’ordre et le chaos des structures de la ville à laquelle il restera fidèle. Il paraît s’inscrire dans une tradition de photographie documentaire mais s’écarte toutefois dès 1977 d’une tendance plutôt froide pour s’intéresser au portrait.  Il a fait par ailleurs le choix du grand format (8 x 10 inch, soit 20 x 25 cm), qui deviendra son outil de prédilection, servant son projet et le dispensant de réaliser des agrandissements. C’est « l’image la plus nette que peut produire la photographie », dira-t-il alors. Nixon pourra désormais s’appuyer sur une vaste gamme tonale tout en améliorant le maniement de son appareil.

La série Porches – des portraits captés sur les porches des maisons – place désormais l’humain au centre de son travail. L’émotion devient tangible et s’approfondit devant les images réalisées dans des maisons de retraite, où Nixon officie comme bénévole. Le photographe se rapproche des résidents en fin de vie ou des malades du sida et cette proximité se traduit dans des images souvent poignantes. Les gros plans se multiplient, qui disent la fatigue et la douleur à travers le détail des mains ou des visages. On devine la peur, le courage et la résignation dans cette chronique parfois difficile à observer d’une époque, les années 1980, qui faucha tant de jeunes vies dans une atmosphère de silence et d’incompréhension.

Dans la série Couples, entamée en 2000, le photographe laisse la confiance s’instaurer avec ses sujets :  il n’organise pas la scène mais saisit le geste vrai ou la spontanéité de l’échange qui traduit le mieux l’intensité d’une relation. Selon Nixon, « l’intimité – notre façon de partager nos vies, nos sentiments, nos pensées et nos corps – est sans doute impossible à atteindre dans une photo, mais montrer à quoi ça peut ressembler, c’est ma façon à moi d’apprécier l’échec. La peau dit peu mais suggère tellement ».  Au centre de la vie du photographe et de son travail se trouve sa famille et ses enfants, le partage avec l’âme soeur, Bebe, épouse et partie prenante de ses projets. Les formats des images avec elle sont verticaux; les portraits montrent la profondeur du lien qui les unit. Dans la série Home le photographe s’attache à la douceur du foyer, aux marches de la maison, au mouvement des rideaux.

The Brown Sisters 1996
© Nicholas Nixon, Courtesy Fraenkel Gallery,
San Francisco

Présentée ici dans son intégralité et dans un format restreint – c’est naturellement le bon choix – la série The Brown Sisters est née par hasard, lors d’une réunion de famille en 1975. Le groupe formé par l’épouse du photographe et les trois sœurs de celle-ci pose depuis lors chaque année dans le même ordre et le choix du cliché se fait désormais en famille. Les sœurs regardent presque toujours en direction de l’objectif. Le principe et les contraintes de la série dirigent l’attention sur les expressions qui varient, les vêtements qui se transforment, les rides qui naissent et s’approfondissent, les attitudes qui évoluent. Au fil des ans, les sœurs se rapprochent : leurs corps s’entrelacent comme si elles voulaient se protéger ou partager une même inquiétude devant l’avenir. On se prend à s’interroger sur des souffrances cachées ou sur ce qui a pu se passer entre deux séances annuelles. Ces images ont depuis longtemps quitté l’album de famille pour questionner notre rapport au temps, nous renvoyant à notre propre vulnérabilité.

The-Brown-Sisters-2018-©-Nicholas-Nixon-Courtesy-Fraenkel-Gallery-San-Francisco.

Nicholas Nixon a livré quelques monographies dont trois versions successives des Brown Sisters. Il a montré son travail dans de nombreuses expositions et est représenté par la galerie Fraenkel de San Francisco. Une interview de 2016 avec Sarah Meister, curatrice du département photographie du MOMA, nous éclaire sur son travail et son évolution. Rien ne vaut pourtant la visite de l’exposition ni le contact direct avec les images pour saisir toute la portée de l’oeuvre de Nicholas Nixon. Une approche réfléchie, sensible, en dehors des modes, plongeant dans les profondeurs de l’humain.

(*) Nicholas Nixon. Fondation A Stichting. Avenue Van Volxem 304, 1190 Bruxelles. Jusqu’au 31 mars 2019. Heures et modalités de visite sur http://www.fondationastichting.be

(**) Nicholas Nixon. Kehrer Verlag. 45€

100 mots pour entrer dans la photograhie

©Que sais-je/Humensis, 2019

Edité par Que sais-je ? sous forme de livre de poche, Les 100 mots de la photographie (*) se présente comme un abécédaire qui résume à la fois l’histoire de la photographie, ses techniques et ses genres, tout en citant l’apport de quelques acteurs essentiels. Limité à 120 pages, ce petit ouvrage de vulgarisation, forcément sélectif, s’adresse moins aux spécialistes qu’à l’amateur désireux d’entrer plus avant dans le domaine de la photo.

Proche de Willy Ronis dont il réalisa les tirages et les portfolios, Pierre-Jean Amar est un praticien et un enseignant de la photographie. Il pose en préambule la question de la conservation des images produites aujourd’hui, mentionne ses 10 livres fétiches pour orienter la réflexion, puis livre à raison d’une page par mot — d’Agence de presse à Weston et Adams — les clés du domaine. L’approche est transversale, émaillée néanmoins de dates et repères chronologiques. On découvre en prime quelques citations de Guy Le Querrec (« Le réel est une citation à partir de laquelle l’œil improvise », joli mot d’un photographe passionné de jazz).

Sommaires ou plus précises, ces 100 entrées permettent d’apprendre rapidement ou de rafraîchir ses connaissances, suivant le principe de la collection. Mieux vaudra cependant négliger l’une ou l’autre annotation : il est surprenant de lire en ce début d’année 2019 que le fameux livre-référence Image à la sauvette de Cartier-Bresson (1952, couverture de Matisse) n’a jamais été réédité (voir la réédition chez Steidl en 2014) ou qu’il faut compter 25 euros par mois pour un abonnement sur le cloud à Photoshop et Lightroom.

Pierre-Jean Amar défend avec d’autres l’idée que le numérique n’est qu’une évolution, pas une révolution comme certaines avancées technologiques de l’histoire de la photographie telles le passage des plaques de verre aux pellicules. Puisque la photographie, comme le rappelle ce livre, « n’a jamais été aussi présente » dans la  vie quotidienne, ceux qui s’emploient aujourd’hui à se raconter en images éphémères comme les photographes plus curieux devraient trouver dans ce condensé et pour un prix très abordable des pistes pour s’informer ou pour éclairer leur pratique.

(*) Les 100 mots de la photographie. Pierre-Jean Amar. Que sais-je?1è édition 2019, N°4132. 9€

Vivian Maier: derrière le mythe de la Mary Poppins photographe

© The University of Chicago Press

Dix ans après sa mort, la vie et l’œuvre de Vivian Maier continuent de susciter la curiosité, l’intérêt et des interrogations. De nouvelles expositions, la parution récente de la « première monographie définitive » consacrée aux photographies en couleurs (*) mais aussi et surtout une biographie à l’anglo-saxonne permettent enfin pourtant de mieux cerner le «mystère» de la «nanny photographer». Publié par les Presses Universitaires de Chicago, le livre-enquête de Pamela Bannos (**), professeur de photographie à la Northwestern University (Illinois, USA), dénoue les arcanes d’une histoire et explique les ressorts d’un phénomène. Ce travail minutieux et remarquable d’intégrité, disponible uniquement en anglais, fait écho à l’exigence d’une photographe qui choisit de vivre dans l’ombre pour mieux apprivoiser la lumière.

La révélation au début des années 2010 des images prises par une bonne d’enfants américaine présentée comme d’origine française, sorte de Mary Poppins menant une double vie, suscita rapidement l’emballement médiatique et la naissance d’un mythe. Ceux qui avaient fait à bas prix l’acquisition des images de Maier dans des entrepôts de stockage et lors de ventes aux enchères à Chicago ont certes permis la découverte d’une œuvre étonnante qui sans eux n’aurait jamais vu le jour. S’il faut leur en faire crédit, leur récit était sur plusieurs points inexact et en l’occurrence passablement incomplet. Plusieurs acheteurs et collectionneurs entrèrent en contact l’un avec l’autre et des ventes sur ebay disséminèrent de façon regrettable les collections de négatifs, épreuves et films, compliquant l’identification des sources et l’épineuse question des droits intellectuels.

Peu au fait des méthodes de la photographie, John Maloof, jeune passionné d’histoire et d’immobilier désormais détenteur d’un trésor, en vint rapidement à commercialiser des images que Maier elle-même n’eut jamais l’occasion de voir autrement que dans son viseur. Il se lança dans une recherche sur la personne de « Vivian », l’édition de livres et la réalisation d’un film, Finding Vivian Maier, qui fut en son temps largement salué par la critique. Le jeune homme y révélait au monde une histoire fascinante, illustrée essentiellement par des témoignages sur la personne mais ne rendant pas vraiment justice à la photographe qui était aussi cinéaste. Maloof fit aussi tirer, « authentifier » et exposer en galerie des images dont il revendiqua le copyright. Jeffrey Goldstein, un collectionneur de Chicago, avait fait entretemps l’acquisition d’une autre partie de l’oeuvre et des avoirs de Maier, qui gardait systématiquement tout et emportait sa vie avec elle au fil de ses emplois successifs. Les deux hommes convinrent d’un partage, se croyant un temps seuls détenteurs d’une mine d’or. Le fait est, pourtant, que Maier avait littéralement laissé des tonnes derrière elle. L’appât du gain aidant, bien d’autres acteurs s’étaient invités dans une pièce qui « bouleversait le monde de l’art » mais dans laquelle le respect de l’œuvre ne fut pas toujours la motivation première, tant s’en faut.

La confusion sur les origines et l’héritage de Vivian Maier, on le sait, toucha aussi la France. Dans une commune des Hautes Alpes, Saint-Julien-en-Champsaur, berceau d’une partie de l’histoire familiale de Maier, deux associations furent mises sur pied, appuyées l’une par Maloof, l’autre par Goldstein. La mémoire des témoins âgés fut parfois incertaine alors que les photos porteuses d’indication ne mentaient pas. Née à New York, Viviane avait passé quelques années d’enfance dans les Hautes Alpes avant d’y revenir pour plusieurs mois au début des années 1950 et d’y liquider ses biens à l’âge de 25 ans pour ne plus jamais y revenir. Une bataille de généalogistes s’ensuivit dès lors, émaillée d’une recherche d’héritiers présomptifs, cousins éloignés en Champsaur ou frère disparu aux Etats-Unis. Autant d’épisodes qui s’inscrivent en faux contre les efforts de Vivian Maier pour se détacher de sa famille et son choix avéré de ne pas partager son histoire personnelle avec ses employeurs successifs ou ses rares relations américaines. Sans plonger dans les tourments de la psychologie, Pamela Bannos livre quelques pistes sur le pourquoi du caractère parfois ombrageux de Maier et de sa personnalité « difficile ». D’un ouvrage alternant/contrastant la chronologie d’une vie et d’une après-vie émerge le portrait d’une femme farouchement indépendante, protégeant jalousement son jardin secret.

Le débat sur la propriété intellectuelle des images de Vivian Maier est sans fin et les prétendus accords, confidentiels ou non, n’ont pas manqué. Le fait d’être en possession d’une œuvre autorisait-il le(s) possédant(s) à vendre des reproductions de cette œuvre à des fins commerciales? Des procédures juridiques n’ont pas complètement abouti et de nouvelles ventes d’acquis, y compris vers d’autres pays, n’ont pas favorisé les choses. Contentons-nous ici de relever que les images couleurs récemment publiées sont désormais porteuses du copyright « Estate of Vivian Maier. Courtesy of Maloof Collection ». Pamela Bannos n’a pu, par ailleurs, compter pour son livre sur la collaboration de Maloof, lequel mit des conditions que la biographe ne put ou ne voulut accepter. L’histoire de Vivian Maier, qui aimait se présenter comme « une sorte d’espionne », restera éclatée et ses traces resteront brouillées. Après tout, l’intéressée ne l’avait-elle pas voulu ainsi?

©Editions Harper Design

Mieux vaut désormais s’en tenir aux images et apprécier l’acuité du regard de Maier ainsi que toute son habileté à saisir les scènes de la rue, parfaitement résumée par le grand Joel Meyerowitz dans sa préface: “It is our invisibility that helps us get away with stealing fire from the gods.” (C’est notre invisibilité qui nous aide à voler le feu aux dieux).  Passionnée avant tout par l’acte de la prise de vue, négligeant la diffusion et même – par manque de temps et de moyens financiers? — le développement et l’impression de ses images, Vivian Maier saisissait la vie et les événements publics comme une professionnelle de la photographie en service commandé. Il n’existe pourtant aucune évidence qu’elle exerça jamais ainsi intensivement et pendant des décennies sa pratique pour qui que ce soit d’autre qu’elle-même. Son œuvre, qui ne se limite pas à la photographie de rue, restera unique en son genre. A la différence de ses contemporains Gary Winogrand et Diane Arbus, pour ne citer que ces deux-là qui opéraient à la même époque et dans des environnements semblables au sien, Vivian Maier n’a jamais consigné et avalisé publiquement ce qui constitue son travail. Cette spécificité rend un éventuel traitement muséal forcément compliqué.

Vivian Maier n’était donc pas, comme le mythe nous l’a trop complaisement servi pendant des années, une « nanny qui prenait des photos » mais une photographe dans l’âme qui s’employait comme gardienne d’enfants pour vivre résolument sa passion. L’acte de photographier avait pris chez elle le pas sur tout le reste. Elle était sans doute consciente de sa valeur et son lien le plus fort était avec l’appareil photo – sa fenêtre sur le monde et sa façon de l’appréhender. Il est temps de reconnaître simplement Vivian Maier pour ce qu’elle était: une femme sans concessions, une artiste pleine et entière. C’est beaucoup et cela suffit désormais amplement.

(*) Vivian Maier. The Color Work. Colin Westerbeck, Joel Meyerowitz. Editions Harper Design, 240 pages, 75€

(**) Vivian Maier. Pamela Bannos. A Photographer’s Life and Afterlife. The University of Chicago Press. 20,00 USD; Non traduit. http://www.press.uchicago.edu

L’art du photographe, selon Bruce Barnbaum : ouvrage-référence et véritable « must »

©F1rst Editions.

Il y a des livres destinés à faire de nous de meilleurs photographes (les manuels photo, guides, ouvrages sur le mode « comment … ») et puis il y a les livres de photographe (les monographies, livres thématiques, « beaux livres», rétrospectives, etc.). « L’art du photographe » (« The Art of Photography ») ouvrage-somme de Bruce Barnbaum, s’inscrit dans la première catégorie mais relève aussi de la deuxième par la qualité de son iconographie. Il traite de surcroît de sujets plus « philosophiques » sur la photographie pour offrir « une vision personnelle d’un moyen d’expression ». Paru pour la première fois aux Etats-Unis en 1994 et mis à jour depuis, ce livre s’est déjà vendu à plus de 100 000 exemplaires dans le monde. Sa diffusion devrait encore s’élargir grâce à cette version française, récemment publiée par les Editions F1rst (*).

Barnbaum officie depuis des décennies dans le domaine de la photographie de paysage et d’architecture en particulier. Formateur, il couvre ici tout l’éventail des aspects techniques, depuis la composition et ses éléments jusqu’au tirage, à l’impression et à la présentation en passant par la couleur, la lumière, les filtres, le contrôle du contraste, le zone system et toute la panoplie des outils et fonctionnalités indispensables pour sublimer nos images. L’orientation de l’ouvrage se voulant créative, il s’attache à donner « des bases solides » pour adapter ces outils à nos objectifs artistiques. Barnbaum, en effet, nous invite à ne pas nous contenter de « capturer » (le vilain mot) ce que nous voyons mais de penser dès le départ en termes d’ « interprétation de la scène » pour créer dans une approche artistique et en nous appuyant sur une opinion personnelle.

C’est donc en apôtre de la « prévisualisation » – entendez que le photographe est invité à anticiper le tirage final dès avant le déclenchement – que notre auteur-formateur nous entraîne dans son explication des techniques essentielles de l’argentique comme du numérique mais en intégrant la dimension artistique dans son propos. Il le fait sur près de 400 pages illustrées par ses propres images commentées, puisées dans un catalogue couleurs et surtout noir et blanc. Ses monochromes font souvent penser aux Weston – Edward, le père, pour sa valorisation étudiée des textures, et Brett, fils moins connu d’Edward, pour son utilisation de l’espace positif/négatif.

L’ouvrage, et cela fait tout son intérêt, donne toute sa place à la réflexion sur la photo en tant qu’œuvre d’art, aux rapports avec les autres disciplines artistiques, à l’approche intuitive de l’acte créatif. Il contient bien des passages sur lesquels on s’attardera, notamment quand Barnbaum nous avertit qu’ « une bonne composition et des prouesses techniques » ne suffiront pas pour faire de notre travail « une œuvre d ‘art ». Ainsi rappelle-t-il que « la photographie, comme toutes les autres formes d’art, est un moyen de traduire visuellement des réflexions, des sensations et des émotions » et que « l’idée n’est pas de chercher à impressionner gratuitement le public ». De quoi peut-être relativiser le jugement sur bon nombre d’images présentées et surtout primées dans les concours. Suivent-elles le précepte de Barnbaum (ce n’est pas forcément leur ambition) ou visent-elles simplement et plutôt à « impressionner » les juges ?

L’importance donnée à la dimension artistique de la pratique photographique, aux fondamentaux et au questionnement de l’artiste (que cherchons-nous à montrer?) se retrouve décidément dans plusieurs ouvrages publiés récemment et chroniqués sur ce blog. Ce choix des éditeurs est le bienvenu, qui aide à maintenir et relever le niveau d’exigence chez les amateurs comme au sein des clubs de photographes. Le traité de Barnbaum, car c’en est un, s’adresse à tous les amateurs, qu’ils soient au niveau débutant, intermédiaire ou avancé,  aussi bien qu’aux professionnels. C’est un véritable « must » qui dépasse la différence entre la technique et l’art. Il est volumineux et riche, et beaucoup choisiront sans doute de le consulter et d’y revenir de façon sélective. Disponible désormais en langue française, il prendra place à coup sûr ici aussi parmi les « essentiels », comme un ferment d’apprentissage et d’inspiration pour tout photographe aux ambitions artistiques.

 (*) L’art du photographe. Bruce Barnbaum. Collection Focus. F1rst Editions, 34,95€