La composition revisitée : une masterclass de Michael Freeman

© Editions Eyrolles

Photographe professionel depuis près de 40 ans, Michael Freeman a publié 78 livres traduits en 28 langues sur la pratique de son art. Parmi eux figure en bonne place L’Oeil du photographe et l’art de la composition, un grand succès du genre. Quinze ans après cette parution, Freeman revient sur le sujet sous la forme d’une masterclass et dans un ouvrage inédit (*).

Désignée et traitée ici comme l’outil le plus puissant pour exprimer la personnalité du photographe, la composition réussie, selon Freeman, est le résultat d’un effort et d’un entraînement constant pour se figurer comment une scène peut être traduite en image. « La plupart des photographes sérieux », dit-il, y pensent en permanence (…), même quand ils ne tiennent pas d’appareil photo ».

Mais comment les images sont-elles regardées et comprises? Pour générer l’intérêt et retenir l’attention, autant avoir quelques notions sur l’angle et le champ de vision. Des avancées sont intervenues ces dernières années dans les technologies de suivi du regard (eye tracking), qui mesurent en quels points et comment un observateur regarde une photo. Il n’empêche que les différences peuvent s’avérer marquées d’un observateur à l’autre.

Freeman explique ensuite les outils de la conception d’une image, à commencer par le point de vue (« de tout votre équipement, les deux éléments les plus utiles sont sans nul doute vos pieds ») ainsi que les optiques. On continue avec la façon de traiter les lignes, d’aplatir, de comprimer et d’organiser les formes. Freeman propose des schémas, du découpage à la suite de Fibonacci, la fameuse spirale liée au nombre d’or, tirant son nom du mathématicien médiéval qui l’a popularisée en sciences comme dans les arts.

© Editions Eyrolles

On ne regarde pas une image comme on regarde le monde réel. Une image a des bords qui nous poussent à chercher dans le cadre ce qui peut être intéressant.

Michael Freeman

L’ouvrage fait naturellement la part belle aux photographies impeccablement justes de Freeman, qui illustrent les notions et le propos pour chacun des chapitres. Un livre qui donne les clés pour penser son cadrage, exercer son regard, acquérir et revendiquer son style. Ne reste plus qu’à suivre les enseignements du maître.

(*) La composition. Michael Freeman. Les Masterclass. Adapté de l’anglais par Franck Mée. Editions Eyrolles. 1è édition 2022. 176 pages, broché, format 19 x 23,5. 23 €

Une réédition à signaler chez Eyrolles:

© Editions Eyrolles

Saluons la réédition de cet ouvrage destiné en priorité aux pros mais pas seulement. Pour vivre de son art, il faut le vendre et pour bien en vivre, il faut aussi bien savoir le vendre. Le livre d’Eric Delamarre permet au photographe d’apprendre à évaluer correctement ses prix et ses prestations. Mais l’ouvrage aborde également le cas des ventes des tirages d’exposition, fournissant aux auteurs, même amateurs, des indications bien utiles et des repères très précieux pour estimer la valeur de leur travail… ou de leur passion.

Les tarifs et le devis du photographe. Eric Delamarre. Collection Photographe Pro. Deuxième édition. 142 pages, format 14×20, 22 €.

Bel été à toutes et tous

Voir le monde en noir et blanc : 52 défis

©Editions Eyrolles

Brian Lloyd Duckett est un photographe britannique, spécialisé dans la photographie documentaire et la « street photography ». Une version française de son dernier ouvrage, dans lequel il propose 52 défis pour photographier en noir et blanc, est récemment parue chez Eyrolles (*).

Le modèle de ce type de manuel consiste à fournir 52 fois sur une double page (soit pour une fois par semaine, mais il n’est pas nécessaire d’accepter ce schéma) un « challenge » à relever dans un domaine de la photo, avec des idées, des astuces et des suggestions techniques. A prendre comme un petit guide pour essayer d’autres choses, sans craindre de faire des erreurs.

S’agissant du noir et blanc, vaste sujet au demeurant, Duckett invite, par exemple, son lecteur à prendre des clichés comme Cartier-Bresson, à réinventer le selfie, à trouver le bon angle ou à traduire la beauté des surfaces. De quoi mieux saisir la lumière et les ombres, les formes et les textures, en acceptant de voir le monde en noir et blanc.

Est-il préférable de photographier en couleurs et de convertir par la suite en noir et blanc lors de l’édition, ou faut-il utiliser le mode noir et blanc de l’APN? Duckett n’entend rien préconiser, même s’il préfère pour sa part opérer en RAW et traiter ses images a posteriori. Quitte, si on opte pour le RAW+Jpeg, à activer le mode monochrome afin de pouvoir visualiser l’image telle qu’on souhaitera l’exploiter.

Les 52 projets sont, comme à chaque fois, brièvement consignés dans un livre à petit prix et à petit format, qui trouvera facilement sa place dans un sac. De petits espaces sont réservés pour y noter ses expériences et l’ouvrage peut passer pour un cahier d’exercices.

Voilà pour le principe. S’agissant du noir et blanc, Duckett ne manque pas d’interpeller en préambule ceux qui pourraient s’interroger sur l’utilité de se priver aujourd’hui de la couleur. Sa réponse sonne comme une évidence: la pratique et la compréhension du monochrome incitent bien à simplifier la composition, à évaluer la lumière, à comprendre la photographie, tout simplement.

Sept autres ouvrages du même type ont été précédemment publiés dans cette collection, dont ceux consacrés à la photo de paysage, à la photo de voyage et à la photo de nature.

(*) Photo noir & blanc – 52 défis. Brian Lloyd Duckett. Editions Eyrolles. Collection 52 défis. 128 pages, broché, format : 14 x 21, 13,90 €.