La photo de paysage en 52 défis

Continuer à apprendre, suivre de nouvelles envies, avoir d’autres projets: tel sera toujours le meilleur moyen, en photographie comme ailleurs, de stimuler sa créativité. Pour renouveler sa pratique, essayer des techniques différentes, en un mot pour progresser, rien de mieux que de se fixer de nouvelles missions. Les livres et manuels de photographie peuvent comme toujours nous venir en aide et ceci vaut aussi à l’intérieur même d’un domaine particulier. Un petit ouvrage publié par les Editions Eyrolles (*) dans la collection des 52 défis nous propose d’élargir notre horizon dans le domaine de la photographie paysagère.

© Editions Eyrolles

Sans vous encombrer de technique et sans entrer dans les détails (la collection se décline dans un format modeste et à prix doux) , le livre se veut guide d’inspiration. Certaines propositions sont assez simples (changer de point de vue, photographier au ras du sol ou d’un emplacement élevé) ou plutôt convenues (briser les règles, saisir les contrastes). D’autres sont moins courantes (jouer avec l’infrarouge) ou dans l’air du temps comme le recours à la technique du light painting, prisée par les utilisateurs d’une lampe torche pour illuminer subtilement (à vérifier) leur sujet.

Nos préférences personnelles parmi ces propositions nous portent vers les classiques: se lever tôt, utiliser un temps de pose d’une seconde ou plus, et puis tout ce que peuvent offrir les bords de mer, que les vagues soient déchaînées ou qu’elles portent à ralentir le mouvement et à créer le flou. S’agissant du paysage, bon nombre de ces défis supposent l’utilisation d’un trépied ou d’un filtre (polarisant, de densité neutre ou coloré).

Les derniers défis ne valent pas seulement pour les paysages: créer une plate-forme pour présenter ses images, ne pas laisser les meilleures de celles-ci sur un disque dur ou dans un téléphone mais les tirer ou les faire tirer. Avec une évidence, qui sonne comme un paradoxe à l’heure des smartphones et du « tous photographes »: le tirage est bien plus accessible aujourd’hui qu’au temps de l’argentique.

Comme pour la photo de voyage, la photo de nature et les autres ouvrages de cette série, nul besoin bien sûr de relever tous ces défis dans l’ordre. Le principe du livre est d’y puiser une idée ou une technique selon la situation, le sujet ou l’envie du moment. L’important est de faire des expériences sans craindre de faire des erreurs. Et de suivre le conseil final des auteurs: amusez-vous!

(*) Photo de paysage. Collection 52 défis. Ross Hodindod & Mark Bauer. Editions Eyrolles. Broché, 128 pages, format 14 x 21; 12,90 €.

D’autres idées pour l’été

Photographier les oiseaux:

© Editions Eyrolles

Nouvelle parution dans la collection Secrets de photographe (Editeur/ Eyrolles), un ouvrage d’Erwin Balança nous aide à comprendre le comportement des oiseaux pour se lancer dans une pratique délicate. Un domaine de la photo dans lequel les progrès dans les performances du matériel photographique ont certainement contribué à la prolifération d’images spectaculaires, dans les clubs et concours photo notamment. Observer et photographier ces créatures merveilleuses sont toutefois deux choses différentes. Ce livre contient des conseils de terrain et de prise de vue pour saisir nos amis à plumes, farouches ou non, dans les parcs ou sur le littoral. Le tout dans le respect impérieux d’une règle d’or: ne pas déranger l’oiseau.

La même collection s’était déjà enrichie cette année d’ouvrages sur les secrets de l’astrophoto, des anciens procédés alternatifs, et même de la photo de boudoir. Dans ce dernier livre, Hélène Dourland partage son expérience pour qui voudra aborder avec délicatesse ces séances un peu particulières, dans lesquelles « la relation avec le modèle est au coeur du lâcher-prise qui conduit à des images authentiques ».

Occuper les enfants:

© Editions Eyrolles

Envie d’emmener votre progéniture ou les participants à un stage à la découverte des secrets et mystères de la photographie? Avec « Mission Photo« (Editions Eyrolles, 18 €), Anne-Laure Jacquart, dont les livres ont ravi bien des amateurs, met ses qualités pédagogiques au service des plus jeunes. Elle guide ici les enfants à travers leurs parents, grands-parents, animateurs ou autres dans la joyeuse aventure de l’image, du cadrage à la composition.

La photographie, c’est un autre secret, est un jeu d’enfant.

L’été est là et le moment est venu de faire une pause. Et peut-être, du moins pour moi, de réfléchir à l’orientation de ce blog.

Bonnes vacances et belles photos!

Les outils de l’astrophotographe : lire et capter le ciel et les étoiles

© Editions Eyrolles

Qui dit paysage astronomique dit forcément très faible luminosité. Les APN et les objectifs les plus récents dotés des derniers perfectionnements dans la gestion des basses lumières et du bruit numérique rendent aujourd’hui plus facile la réalisation de superbes photographies du ciel nocturne. Investir dans un matériel pointu fera d’autant plus la différence mais rien n’empêche désormais de commencer avec un équipement relativement basique. Si les pleins formats 35 mm offrent les meilleurs résultats, l’utilisation d’un capteur plus modeste n’a rien de rédhibitoire.

Adam Woodworth a voulu permettre à tout détenteur d’un kit réflex ou hybride, muni de logiciels de traitement courants, de réaliser d’époustouflantes images de la voûte étoilée. Publié chez Eyrolles dans une traduction de l’anglais, « Photographier le ciel nocturne » (*) se propose d’initier aux techniques de la photographie en basse lumière telles la fusion d’exposition et des mises au point.

Sans couvrir tous les aspects de l’astrophotographie, Woodworth nous explique donc comment prendre plusieurs vues, comment les fusionner et les empiler pour créer l’image définitive. L’essentiel de l’ouvrage est consacré au matériel, aux réglages de l’appareil et de l’exposition mais aussi à la planification des sorties, ce qui suppose l’acquisition de quelques bases d’astronomie et de météo. On passe en revue les logiciels de cartographie et le flux de travail en étapes tel que l’enseigne Woodworth dans ses formations et séminaires qu’il dispense pour Nikon aux Etats-Unis. Woodworth partage avec son lecteur ses astuces et conseils et termine par quelques études de cas qui donnent réellement envie de passer du temps sous les étoiles.

Le côté « manuel » de l’ouvrage est bien équilibré par une présentation très séduisante et par les superbes photographies de Woodworth. Une précision: n’attendez pas de ce livre qu’il vous explique comment photographier la lune ou les traînées d’étoiles. Il s’agit plutôt ici de maîtriser son sujet devant la Voie lactée, la Constellation d’Orion, la Grande Casserole et le Nuage de Magellan sans compter les aurores boréales. Les images de Woodworth sont publiées dans les magazines spécialisés. Découvrez-les également sur son site. Vous serez épatés.

© Editions Eyrolles

Dans le même domaine, on signalera la réédition chez le même éditeur des « Secrets de l’astrophoto » (**), un ouvrage de Thierry Legault, astrophotographe amateur de renommée mondiale dont les photographies sont régulièrement publiées dans la presse du monde entier, spécialisée ou nom.

Les photographes amoureux du ciel et des étoiles, les curieux qui ne sont pas encore très expérimentés trouveront dans ce livre mis à jour toutes les informations sur le matériel de base et son utilisation. Les astrophotographes en herbe apprendront ici aussi à préparer leur sortie, à effectuer les repérages et à anticiper le spectacle du ciel. L’ouvrage aborde les techniques et les traitements essentiels, couvrant astropaysages et Voie lactée, aurores, planètes, satellites. Ce livre-ci vous dira également comment photographier la Lune, le Soleil (protégez-vous d’abord!), les éclipses, sans compter les nébuleuses et les galaxies.

Legault est en outre l’auteur de Astrophotographie (trois éditions chez Eyrolles), un ouvrage plus exhaustif déjà traduit en plusieurs langues et qui fait véritablement office de référence sur le sujet. L’astronome-auteur en effet est une autorité en la matière au point que l’Union astronomique internationale, seule habilitée àdonner leur nom aux objets célestes, a donné son nom à un astéroïde.

L’astrophotographie est certes l’une des formes de photographie parmi les plus exigeantes: la patience est essentielle et le savoir-faire particulièrement indispensable mais il est possible de réaliser des clichés étonnants sans investissements trop importants. Anthony Pidgeon, photographe professionnel expérimenté, l’assure : dans ce domaine, « tout événement aléatoire est une source de richesse. Acceptez-le et votre expérience de la photographie nocturne vous réservera des surprises étonnantes. »

(*) Photographier le ciel nocturne, Adam Woodworth. Editions Eyrolles. Broché, 208 pages, format 23,5 x 25,5 cm. 28 €.

(**) Les Secrets de l’astrophoto. Matériel – Technique – Observation. Thierry Legault. Editions Eyrolles. Collection Secrets de photographes. Deuxième édition. Broché, 132 pages, format 17 x 23 cm, 24 €.

Questions-réponses pour une culture photo avec JC Béchet

© Editions Eyrolles

Le goût s’éduque, en photographie comme ailleurs. Et la culture photographique est un bien précieux, qui s’acquiert. Cela n’a rien d’ennuyeux — que du contraire, comme le prouve un livre récemment sorti de presse aux Editions Eyrolles. L’ouvrage (*) se présente comme « une exploration des coulisses de la création photographique en 200 questions esthétiques et pratiques ».

Le livre est co-signé par le photographe Jean-Christophe Béchet, auteur d’une bonne vingtaine de livres de photographies. Cet ancien rédacteur-en-chef adjoint du magazine Réponses-Photo anime par ailleurs des ateliers photo et ses écrits comprennent également des ouvrages et textes très pertinents sur la photographie (**) . L’autre signataire du livre, Samuel Decklerck, est professeur de philosophie en lycée et fut président du club photo d’Angers.

Sous forme de réponses aux questions formulées par son complice, Jean-Christophe Béchet partage ici ses réflexions, jamais obscures et toujours enrichissantes, en traitant d’abord en profondeur les thématiques essentielles du portrait, du paysage et de la photo de rue. Il aborde les choix esthétiques et techniques comme les questions pratiques sans aucun recours au jargon, en photographe doublé d’un journaliste-communicant très averti. Ses références sont fondées sur une curiosité jamais limitée à son propre pays et au monde anglo-saxon.

Le propos se nourrit des propres expériences de Béchet, de ses connaissances approfondies sur l’évolution de la photo, des pratiques des meilleurs photographes et des situations rencontrées par ceux-ci dans leur travail. Béchet nous parle ainsi des portraits de Marylin Monroe ou de Picasso, des approches d’Ansel Adams ou de Robert Franck comme de la mission photographique de la DATAR. Il explique les origines de la « street photography », resitue les genres et leur naissance dans leur contexte, précise les différences entre les méthodes de Garry Winogand et de Lee Frielander dans les rues des grandes villes américaines.

Tout au long du livre émaillé de conseils, de notes discrètes et d’une bibliographie sélective, le jeu des questions-réponses fait de la culture photographique un terreau on ne peut plus vivant : sans prétendre à l’exhaustivité mais avec une subjectivité bien documentée, Béchet nous passionne toujours et ne lasse jamais. C’est clair et intelligemment dit.

Béchet défend l’idée que la photographie suppose en fin de compte une matérialité, que le mot « photographe » garde aujourd’hui tout son sens mais ne peut s’appliquer à ceux qui s’approprient ou utilisent les photos faites par d’autres pour les transformer et en faire leur propre création. Pour Béchet, une photographie n’est pas une simple image mais un véritable objet. Autrement dit, c’est le tirage qui fera d’une image une photographie et « c’est encore plus crucial pour une photographie d’art ».

Reproduction en poster du Baiser de L’Hôtel de Ville

En quelques pages, on lit ou relit aussi la véritable histoire du mythique Baiser de l’Hôtel de Ville (Robert Doisneau, 1950), une photo de rue réalisée pour Life et ressuscitée 36 ans après la prise de vue, qui empoisonna d’une façon malheureuse la vie de son auteur. Lequel n’avait jamais eu la moindre intention de « fabriquer » ce qu’il ne considérait même pas comme une de ses meilleures photos.

L’ouvrage s’achève sur un chapitre consacré aux pratiques contemporaines, plus controversées, de la photographie qualifiée de plasticienne, conceptuelle ou créative. Il ne s’agit plus d’un type de sujet mais de la manière de traiter son sujet et d’une approche stylistique susecptible d’englober tous les thèmes possibles.

Béchet, dont une partie du travail peut s’apparenter à la photographie plasticienne, fait subtilement la part des choses ici aussi. Sa conclusion? Ne pas abandonner le discours mais aussi la recherche créative à « ceux qui veulent ‘dissoudre’ la photographie dans une grande ‘ratatouille esthétique’ qui serait un mixte des arts plastiques et visuels ». Tout commence et tout finit par la pratique.

A vos boîtiers!

(*) Acquérir une culture photo. Sous-titre : Une exploration des coulisses de la création photographique en 200 questions esthétiques et pratiques. Auteurs : Jean-Christophe Béchet, Samuel Decklerck. Editions Eyrolles. 200 pages. Broché, format 17 x 21. 28 €.

(**) Voir notamment l’excellent Petite philosophie pratique de la prise de vie photographique, avec Pauline Kasprzak, Creaphis Editions, 2014.

Albert Watson, un maître de la créativité photographique

Andy Warhol, New York, 1985
© Editions Eyrolles

Né en 1942 à Edinburgh (ou Edimbourg, Ecosse), Albert Watson est l’auteur de photographies emblématiques créées depuis plus de 50 ans. La palette de son travail est très large, des portraits intimes à la photo de mode en passant par des paysages spectaculaires et des natures mortes. Watson est notamment l’auteur d’affiches de films, d’innombrables couvertures pour Vogue, Rolling Stone et Time ainsi que d’un calendrier Pirelli. Photographe des célébrités, ses campagnes publicitaires pour Chanel notamment lui ont valu le succès dans le milieu. Son portrait de Steve Jobs fit en 2011 la couverture de la biographie autorisée de l’entrepreneur.

Watson expose sa vision de la photographie dans le deuxième volume de la série Masters of photography que viennent de publier les Editions Eyrolles (*). Ce livre fait suite à celui consacré à Joel Meyerowitz dont nous avions rendu compte ici lors de sa parution en février 2020.

Masters of Photography s’est donné pour projet de faire appel aux plus grands photographes pour qu’ils nous guident et nous transmettent les enseignements de leur pratique. Pas d’exposés trop techniques mais plutôt des « leçons » (si on veut bien comprendre qu’il n’y a rien de rébarbatif dans le terme) dans lesquelles les maîtres exposent, dans des vidéos comme dans de séduisants petits livres, leurs méthodes et leur approche de la photographie. Les vidéos des Master Classes de Joel Meyerowitz, d’Albert Watson et de Steve McCurry sont disponibles en français sur: https://maitres.photo/

Dans ce livre et cette masterclass, Albert Watson dévoile notamment comment il a réalisé quelques-unes de ses photographies les plus célèbres dont son portrait d’Alfred Hitchcock destiné au magazine Harper’s Bazaar (1973). Le cinéaste, par ailleurs excellent cuisinier, devait y partager une recette pour Noël. Sur ce cliché pris à l’encontre des attentes initiales de son client mais jouant sur la personnalité et la réputation du cinéaste, le maître du suspense tient une oie déplumée par le cou comme s’il venait de l’étrangler.

Alfred Hitchcock and goose, 1973. © Albert Watson

Très sollicité par les magazines de beauté et de mode, Watson fit poser la jeune Kate Moss en lumière et en tenue toute naturelle pendant une longue journée au soleil du Maroc. Ce n’est qu’à l’issue de la séance que son modèle lui apprit qu’elle fêtait ce jour-là son 19è anniversaire. L’acteur Jack Nicholson fut apparemment complaisant lui aussi en restant longtemps assis sous la neige devant les montagnes du Colorado : le photographe, qui souhaitait cette image évoquant le dernier film à succès de l’acteur, eut le temps de prendre un petit déjeuner au chaud dans la maison de celui-ci avant de sortir prendre la photo. Avec Watson, c’est l’idée qui prime! En photo publicitaire comme dans les autres genres, en effet, le maître-mot du maître Watson est décidément la préparation: réfléchir avant la séance, trouver l’idée amusante ou qui fait mouche, définir le concept à faire passer.

En 20 chapitres qui peuvent paraître courts à la lecture, Watson couvre tous les domaines, de l’éclairage et du choix des objectifs au travail en studio et à la photographie de paysage dans son Ecosse natale (superbes images de l’île de Skye) ou au Maroc, qu’il découvrit en 1978 pour le magazine Vogue. Le photographe répondra dans les années 1990 à une commande du prince héritier, actuellement Roi du Maroc, un pays que Watson eut l’audace de photographier essentiellement en noir et blanc et où il passe désormais beaucoup de temps.

Aux photographes qui n’apprécient pas la technicité, je dis souvent qu’ils sont avantagés: toute leur concentration est dédiée à l’imagerie

Albert Watson

Ce petit ouvrage contient un avertissement fondamental, au coeur de la philosophie de Watson: ne jamais laisser la technique prendre les rênes au point de prendre le dessus sur l’image. La photo selon Watson, c’est 80 % de créativité et 20 % de technique. Une incitation à ne pas trop compter sur le post-traitement et à toujours s’assurer à la prise de vue que l’atmosphère générale et la lumière sont bonnes. Pétri d’idéées et doté des moyens de les réaliser, Watson se garde d’abuser des effets spéciaux.

Albert Watson à l’œuvre. 4è de couverture. Éditions Eyrolles.

Le livre est une parfaite introduction au photographe et vous donnera sans doute envie de passer plus de temps à voir à l’oeuvre et à écouter ce maître très influent. Vous apprendrez à mieux le connaître encore et à vous inspirer de ses méthodes au fil des six heures et demie de son enseignement en ligne.

(*) Albert Watson, une vision de la photographie. Editions Eyrolles. Format 14,5 x 20 cm, broché, 15,90 €.

La photographie numérique par Scott Kelby : le tout en un

© Editions Eyrolles

Photographe et formateur américain, Scott Kelby est un auteur prolifique dont les livres font l’objet de multiples traductions et republications. Les Editions Eyrolles, qui nous avaient récemment proposé les recettes de Kelby pour le portrait en lumière naturelle, viennent de sortir de presse une nouvelle édition mise à jour d’un ouvrage-compilation reprenant l’essentiel de ses conseils en photographie numérique (*).

Ce condensé se présente sous la forme de 220 fiches-articles : un conseil par page avec une illustration. Adapté de l’anglais par Gilles Théophile, le livre ne s’embarasse pas de théorie ou de longues explications, d’autant que le champ est très vaste. On vous épargne la table des matières de quatre pages et demie mais sachez qu’elle couvre les aspects techniques (la netteté, l’utilisation du flash), les objectifs, les genres de photo (paysage, voyage, portrait, mariage, sport), l’impression et quelques recettes plus spécifiques « pour des images de pro ».

Kelby annonce et respecte son propos : aller droit au but et vous offrir ses astuces de façon directe et très concrète pour choisir et placer son matériel, effectuer ses réglages, éviter les écueuils. C’est sans doute ce qui fait le succès de l’homme et de ses formations. La retouche et les aspects les plus complexes du post-traitement se prêtant moins à l’exercice simplifié par écrit, il renvoit à ses vidéos (en anglais) pour le tutoriel sur ces questions.

Scott Kelby © Peter Hurley

Ce livre-ci s’adresse donc essentiellement aux débutants comme aux photographes « de niveau intermédiaire » soucieux de s’améliorer ou de disposer d’un guide « tout en un ». Il ne fait pas l’économie, par contre, des habituelles plaisanteries que Kelby a coutume de placer en introduction de chaque chapitre. Elles ne sont franchement pas indispensables, surtout dans une traduction. S’il n’est pas avare de ses petites blagues ni de ses remerciements, ce bon Scott, qui dispense ses formations en ligne sur KelbyOne.com et dirige par ailleurs un talk-show sur la photographie (The Grid), a le don de vous prendre par la main sans vous abreuver de technicité. Certains seront tentés de lui disputer ou de nuancer l’un ou l’autre point mais ses explications peuvent valoir quel que soit la marque ou le modèle de votre appareil.

Scott Kelby livre tout simplement ici et sans fioritures le « comment faire » pour débuter et se perfectionner. Un « best of » de ses recommandations pour une bonne vingtaine d’euros.

(*) La photo numérique par Scott Kelby. Editions Eyrolles. Broché, 272 pages, 17×22 cm, 22 €.

La photo de voyage en 52 défis

© Editions Eyrolles

Un nouveau guide pratique sort de presse aux Editions Eyrolles dans la collection des 52 défis. Il est conçu pour inciter ses lecteurs à faire preuve de créativité en matière de photographie de voyage. Une façon de garder la flamme des projets en attendant de pouvoir à nouveau nous déplacer où et comme nous le souhaitons.

Comme pour la photo de nature et les autres ouvrages de cette série, ce petit livre (*) se présente comme un cahier d’exercices et un journal personnel en même temps qu’un manuel d’inspiration.

Des lumières de la ville aux lieux de culte, des moyens de transport aux vêtements et costumes des populations en passant par l’architecture urbaine et les fêtes locales, ce ne sont pas les sujets qui manquent au voyageur-photographe. Ce guide couvre donc un vaste champ thématique en proposant pour chaque double page et en quelques mots – c’est le principe de la collection – des suggestions techniques et quelques astuces ainsi qu’une image illustrant le défi.

Comment, par exemple, créer une petite série d’images pour rendre justice à une scène tel le travail d’un artisan. Un challenge essentiel en voyage: comment revisiter la carte postale et sortir des sentiers battus en cherchant une composition originale devant un monument célèbre comme la Tour Eiffel.

Produire une série qui fonctionne bien (défi 13) et trouver son fil conducteur dans un récit de voyage est particulièrement formateur et évitera de photographier partout, tout le temps et n’importe comment. Dans l’esprit de l’auteur-photographe Anthony Zacharias, chacun de ces défis doit nous encourager à « réfléchir un peu plus sur l’endroit » où nous sommes et sur « ce qui le rend unique, » habitants, sites ou même odeurs.

Ce guide destiné à un large public ne surprendra sans doute pas le photographe aguerri et ses conseils s’avèreront naturellement valables pour d’autres thèmes. Ceci vaudra notamment pour ce qui à trait à la composition et au mouvement, aux relations avec les sujets croisés en voyage ou à des moments du jour comme ceux qui suivent l’aube ou précèdent le crépuscule.

La photo de voyage, genre très pratiqué et très partagé par le biais du livre comme des réseaux sociaux, révèlera toujours des surprises et sera toujours une mine d’or pour le praticien, d’autant qu’il se fixera de nouveaux défis. « Il y a tant d’occasions nouvelles qui se présentent à nous », rappelle l’auteur. Ce sera d’autant plus vrai quand un méchant virus sera vaincu. Vivement demain.

(*) 52 défis. Photo de voyage. Anthony Zacharias. Adapté de l’anglais par Franck Mee. Editions Eyrolles. 128 pages, broché, 15×21,5 cm; 12,90 €

La photo de nature en 52 défis

© Editions Eyrolles

Bon nombre de photographes amateurs ont recours, pour exercer leur créativité ou simplement se (re)motiver à faire des images, au procédé qui consiste à relever chaque semaine un défi. Des groupes se constituent ainsi sur internet, faisant office d’auxiliaires pour sortir de sa zone de confort ou trouver l’inspiration quand elle vient à manquer.

Les Editions Eyrolles ont déjà publié plusieurs livres dans cette veine, qu’ils couvrent un large éventail de thèmes ou qu’ils soient destinés plus spécifiquement aux adeptes de la street photography, d’Instagram ou encore d’une photographie plus expérimentale.

Un nouvel ouvrage à petit prix vient de sortir de presse, qui s’adresse aux amoureux de nature et de la vie sauvage (*). Ce livre se veut « un atelier photographique par écrit » et pourra vous guider, quel que soit votre niveau d’expérience.

Chaque défi est succinctement présenté sur deux pages illustrées avec de courts paragraphes de conseils et suggestions pour une pratique avisée de la photographie naturaliste. Les projets se déclinent, en passant de son propre jardin et des habitats parfois insoupçonnés qu’il peut contenir aux tuyaux pour construire un affût basique permettant de se fondre dans la nature. On aborde la manière d’approcher les habitants du fond des bois ou les créatures nocturnes comme la façon d’injecter une touche de mystère dans les photos de brume ou de saisir des silhouettes spectaculaires. Comment observer les animaux dans les conditions de leur milieu, saisir des gros plans et peut-être faire oeuvre utile en sensibilisant aux enjeux de l’environnement.

Nul besoin, bien sûr, de suivre tous ces défis dans l’ordre ni de s’assigner pendant toute une année une tâche rigoureusement hebdomadaire. Le principe du livre est d’y puiser une idée ou une technique selon les situations, les sujets et les envies du moment; ceci permettra d’ailleurs de se départir du calendrier suivi par les groupes mentionnés plus haut. L’ouvrage contient des espaces libres pour y consigner des observations, des succès ou des échecs. Un tableau de bord qui deviendra peut-être un journal photographique. Et qui débouchera sur la véritable finalité du photographe, un dernier défi et non le moindre: montrer son travail!

(*) 52 défis. Photo de nature. Ross Hoddinott et Ben Hall. Adapté de l’anglais par Franck Mée. Editions Eyrolles. 128 pages, broché. 12,90 €.

La quête du photographe de rue, d’abord un état d’esprit

©Editions Pyramyd

L’intérêt pour la photographie de rue (« street photography ») ne faiblit pas, même si ce terrain est aujourd’hui miné. Le photographe de rue, sauf s’il choisit de déambuler dans une ville morte (notez que c’est souvent le cas actuellement), se trouve confronté aux aléas de la prise de vues dans l’espace public. La notion du comportement acceptable chez un preneur d’images varie d’un pays à l’autre.

Matt Stuart, photographe de rue britannique né en 1974, a toujours aimé observer les gens. Il partage dans un livre édité par les Editions Pyramyd (*) ses meilleures rencontres et les fruits de ce qui est d’abord chez lui une attitude devant la vie.

En faisant abstraction de toute digression sur la technique, Stuart explique l’état d’esprit à adopter pour se mettre en quête de bonnes photos, repérer les associations insolites et les juxtapositions amusantes, les situations cocasses ou inattendues. La photo de rue, telle qu’il la conçoit et la pratique, ne doit pas être régie par des règles. Son livre n’est donc pas un code de conduite. Pour développer son propre langage visuel, nul besion, selon Stuart, de suivre des lois dans nos déambulations comme ne photographier qu’au 35 mm, s’interdire les longues focales et le flash, etc. Un principe cependant : ne pas se déplacer trop vite (cela attire immanquablement l’attention) mais surtout penser vite.

Stuart invite aussi à mettre en oeuvre ce qu’il appelle son « principe des 3 P: pêcher, poursuivre, plonger ». La recette consiste à trouver le bon endroit et le bon arrière-plan et d’attendre le passage du poisson pour le « filer » un moment et déclencher sans attendre dès que quelque chose évoque notre curiosité. Savoir observer, être discret, les sens en éveil: d’autres sont passés par là, naturellement et Stuart ne cache pas sa dévotion à son héros Cartier-Bresson. A ce propos lui-même utilise le système Leica M et son style a le don de mêler composition et « instant décisif », même s’il n’aime pas l’idée d’un moment unique qui seul mériterait la photo. Il a d’évidence, comme on le verra ci-dessous, un don bien à lui pour repérer et fixer (mais la chance est une récompense) les scènes insolites, surtout dans ce centre de Londres qu’il arpente depuis longtemps.

New Bond Street, Londres, 2006 (4è de couverture du livre) © Matt Stuart. Editions Pyramyd

Stuart admet que « l’éthique pourrait se révéler le seul écueil » du genre: s’il ne s’interdit pas de photographier un sans-abri (visage dissimulé cependant), il convient qu’il faut veiller à éviter les moqueries, la condescendance et la malveillance. Si votre photo dessert le sujet, passez donc simplement votre chemin. Et prenez conscience que cette mentalité du photographe de rue trouve aussi à s’employer ailleurs. Elle s’avère ainsi bien utile dans des environnements différents comme la vie de famille pour capter des moments spontanés, l’esprit et le regard toujours aux aguets.

Le livre s’ouvre sur une recommandation à se renseigner sur les dispositions du droit à l’image dans laquelle se trouve le lecteur qui voudrait mettre en pratique les techniques de Matt Stuart. On se souviendra qu’en France, exception faite pour les événements d’actualité telles que les manifestations, toute photographie d’une personne identifiable ne peut être diffusée sans son autorisation. La street photography doit être et rester un plaisir.

Un petit ouvrage sympathique, à lire comme une ode à l’acte de photographier, en soi plus enrichissant pour Stuart que la photo elle-même. Il n’empêche que ses images, sur son site comme dans son livre, méritent le coup d’oeil et le bon.

(*) Penser comme un photographe de rue. Matt Stuart. Traduction Véronique Valentin. Editions Pyramyd. Broché, 128 pages, 18,50€. Sortie prévue début mars 2021.

Portrait en lumière naturelle : les bonnes recettes de Scott Kelby

© Editions Eyrolles

L’art du portrait en photographie s’apparente généralement à la maîtrise de sources lumineuses que le photographe se doit de positionner judicieusement par rapport au sujet. Le portrait s’inscrit donc logiquement dans la manière des professionnels du studio, même si des amateurs s’y attachent volontiers en fonction de leurs possibilités matérielles et financières. La photo de portrait à la lumière du jour, par contre, n’exige ni investissements lourds ni manipulation d’accessoires compliqués et son champ d’action est naturellement vaste. C’est le sujet du dernier livre de Scott Kelby, que publient les Editions Eyrolles (*) dans une adaptation française fidèle au style particulier qui est la marque de ce photographe, formateur et auteur à succès.

L’auteur aborde en premier lieu les objectifs à privilégier pour le portrait et les réglages de prise de vue — ce sont les bases et on ne peut sans passer. Il entre ensuite dans le partage de ses conseils et astuces pour dompter et tirer le meilleur profit de la lumière naturelle. On passe des portraits à l’intérieur aux abords d’une fenêtre (le positionnement du modèle et du photographe, savoir se décaler) à la prise de vue en extérieur, avec ou sans diffuseur ou réflecteur. Comment positionner ces accessoires, gérer l’ombre et le soleil, photographier par temps couvert.

La formule utilisée par Kelby dans cet ouvrage: une ou deux photo(s) — elles sont bien entendu de qualité — et généralement deux paragraphes par idée. Succinct mais efficace. Comment, par exemple, créer le très prisé « effet Rembrandt », ce triangle inversé de lumière sur le visage qui ne vaut pas que pour le portrait en studio? Kelby nous dit aussi comment éclairer les contours d’un visage, maîtriser les tâches de lumière, obtenir une lumière douce ou encore un effet de flare (ces reflets parasites) sans ou avec Lightroom et Photoshop. Il aborde les ficelles de la composition et du cadrage appliquées au portrait, la relation avec le modèle et distille ses astuces afin de mettre le modèle, homme ou femme, en valeur. Vêtements à porter, direction du regard, quête de l’expressivité ou de l’inexpressivité (c’est le moment de faire une pose), affinage de la taille ou du visage.

Les recettes s’égrènent — il y a près de 150 rubriques — sans jamais lasser car le propos est à chaque fois simple et direct. A l’américaine, en somme. Un ouvrage pas forcément complet — ne vous attendez pas à trouver ici les petits « trucs » habituels recommandés pour les photos d’enfants — mais toujours agréable à parcourir.

Portrait de Scott Kelby en lumière naturelle
© scottkelby.com

A moins d’être véritablement débutant et à l’exception des deux premiers, il n’est pas nécessaire de lire cet ouvrage dans l’ordre de ses chapitres. Manquent peut-être quelques réflexions ou conclusions mais Kelby, auteur prolifique et très largement traduit, ne s’embarrasse pas de théorie. Il a livré par ailleurs d’innombrables contributions à la formation ainsi qu’ « aux idéaux de la photographie professionnelle » selon les termes de sa reconnaissance par l’American Society of Photographers. Regardez et écoutez (en anglais) notre formateur partager ici trois petits tuyaux pour un shooting de portrait en extérieur et faites plus ample connaissance sur son blog avec ses activités, son matériel et son portfolio. D’autres ouvrages de Scott ont été publiés chez Eyrolles.

En ces temps de contraintes et de tristes lumières, Kelby donne bougrement l’envie de passer ou repasser à l’acte de photographier ses proches et de revenir au naturel. Sachant que si le cadre dans lequel il est placé participera à la réussite du portrait et qu’aucune recette ne constitue en soi la panacée, ce livre éclairera joyeusement votre pratique. Un petit avertissement à ce propos: notre ami Scott est … un petit rigolo: chaque chapitre est précédé d’une courte introduction dans laquelle l’auteur laisse cours à une fantaisie tellement débridée qu’elle n’a rien ou vraiment pas grand chose à voir avec le contenu du chapitre proprement dit. On s’en amuse ou on s’en passe. Mais qui a dit qu’un manuel pratique devait être ennuyeux?

(*) La photo de portrait en lumière naturelle. Scott Kelby. Adapté de l’anglais par Gilles Théophile. Editions Eyrolles. 195 pages, broché, 22 €.

Tout sur les procédés alternatifs : pour des tirages d’exception

© Editions Eyrolles

S’agit-il d’un rejet ou à tout le moins d’une forme de réaction devant la poussée du tout-numérique? D’une quête de renouvellement devant la profusion d’images trop semblables, trop parfaites et trop lisses? Toujours est-il qu’un retour aux procédés anciens s’affirme depuis quelque temps dans le monde et la pratique de la photographie. Plusieurs ouvrages ont paru qui remettent en lumière, si l’on ose dire, ces techniques du passé. Anaïs Carvalho et Rémy Lapleige présentent aux Editions Eyrolles un tableau très complet à ce sujet en nous révélant « Les secrets des tirages alternatifs » (*).

Que ce soit au départ d’images argentiques ou numériques, il est possible de donner à ses tirages un cachet original en trouvant sur le marché les substances chimiques permettant d’appliquer des techniques découvertes il y a plus de 150 ans. Dans une introduction sur les débuts de l’histoire de la photographie, le livre retrace l’évolution de ces procédés de l’époque héroïque, qui font aujourd’hui l’objet d’un étonnant recours en grâce. Cette évolution, on le sait, fut jalonnée d’essais et d’échecs, depuis les premières découvertes sur les propriétés des sels d’argent et avant même les apports de Niépce, Daguerre et Fox-Talbot.

Les auteurs présentent ensuite les équipements et produits de laboratoire nécessaires à la réalisation de tirages selon les procédés dits « alternatifs ». Munis de toutes ces indications façon panoplie du parfait petit chimiste, nous entrons dans le vif du sujet. Au coeur du livre et au départ de beaucoup de projets entrepris de nos jours figure la création d’un internégatif numérique. L’ouvrage explique pas à pas la démarche pour les « transparents », support préférentiel des amateurs de procédés alternatifs, étant entendu que n’entrent pas dans cette catégorie les internégatifs argentiques obtenus au moyens de révélateurs chimiques.

Point de vue du Gras, Nicéphore Niépce. 1826.Représentation en positif.

Vient ensuite, chapitre par chapitre, le passage en revue de ces techniques anciennes, avec leur principe, la présentation du matériel, l’explication du procédé et ses applications, les effets produits selon les supports. Les auteurs ont sélectionné une dizaine de procédés, basés ou non sur l’utilisation des sels d’argent. Leur choix s’est porté sur les plus faciles comme sur les plus originaux, plus ou moins abordables et coûteux, qu’ils requièrent ou non une expertise poussée. Pour chacun d’entre eux — de l’antothype au palladium et au platinum en passant par le cyanotype, le Van Dyke, le papier salé, l’émulsion liquide, le tirage à effet lith — l’ouvrage explique les préparations et les variantes possibles.

Nature morte au coq. Louis Ducos du Hauron, 1879. Domaine public.
Procédé de gélatine pigmentée tricolore (original). Impression couleur, procédé d’inhibition de colorant.
Copie imprimée vers 1982 dans la collection George Eastman House

Avec sa couleur bleue par laquelle on le reconnaît immédiatement (le « bleu de Prusse »), le cyanotype est souvent la première technique testée par les amateurs d’aujourd’hui (des packs sont même disponibles dans le commerce). Peu onéreux, le cyanotype, inventé en 1842, fut largement employé par les ingénieurs pour la reproduction de plans à grande échelle. Outre sa simplicité, le regain d’intérêt qu’il suscite semble dû à la variété des résultats produits. Plusieurs photographes de renom se sont d’ailleurs laissés tenter. On se rapportera par exemple au superbe travail d’Emeric Lhuisset, L’autre rive, retraçant le parcours de réfugiés sur le sol européen. Ce projet valut des honneurs mérités au photographe-plasticien dont les impressions en monochromes bleus constituent une belle illustration de la manière de repenser un ancien procédé pour traiter d’une manière poétique d’un drame politique et humain qui se poursuit toujours: « Un bleu, couleur de cette mer (la Méditerranée), où tant disparaissent, mais aussi un bleu qui est celui de l’Europe », comme il nous l’expliqua à Paris-Photo 2019.

L’autre rive © Emeric Lhuisset

Les intéressés par le cyanotype pourront également se plonger dans le site de Mike Ware, qui mit au point à la fin du XXè siècle une nouvelle formule un peu plus compliquée qui procure des couleurs plus profondes.

Les auteurs de l’ouvrage, respectivement biologiste et informaticien de formation, ont par ailleurs mis sur pied l’association de photographie argentique Dans Ta Cuve. Ils espèrent, avec ce livre, donner l’envie d’explorer tel ou tel procédé et révéler les potentialités de chaque technique. Ces procédés peuvent très bien s’appliquer, soulignons le, à tous les types d’images argentiques et numériques, y compris les clichés provenant de votre smartphone ou de votre réflex comme aux travaux réalisés à la chambre ou par tout autre moyen. A chacun de choisir parmi les options pour donner à ses tirages un rendu particulier, affirmer une démarche artistique en trouvant son propre langage.

Ceux qui, lecture faite, décideront de passer à la pratique et de se lancer dans ces procédés de tirage ne pourront négliger de se protéger impérativement car la manipulation de produits chimiques n’est jamais sans danger. Prendre soin de soi et penser à une bonne ventilation du labo : les tirages alternatifs sont bien dans l’air du temps.

(*) Les secrets des tirages alternatifs. Démarche – matériel – procédés. Anaïs Carvalho, Rémy Lapleige – Collection Secrets de photographes. 184 pages ; 26€. Parution le 11 février 2021.