Un rêve de photographe : composer et publier son livre

« Etre photographe ne se résume pas seulement à produire des images ». Comment ne pas souscrire à ce propos, point de départ d’un ouvrage on ne peut plus instructif que rééditent les Editions Eyrolles (*). Son auteur, Gildas Lepetit-Castel, est un formateur et professionnel de l’image qui a notamment publié L’Inspiration en photographie. L’ouvrage réédité a pour objet de nous expliquer par le menu comment concevoir son livre de photographe, de l’éditing à l’impression en passant par la mise en pages. Il s’adresse en priorité aux photographes désireux de s’impliquer personnellement dans cette réalisation en sollicitant un imprimeur qui les assistera à des degrés divers.

© Editions Eyrolles

Gildas Lepetit-Castel a lui-même auto-publié des livres et accompagné des photographes dans un tel projet. Passionné par l’édition comme par d’autres domaines, il nous présente un guide pratique dans lequel il expose toutes les étapes de la conception d’un livre de photographie que vous pourrez offrir et vouloir diffuser sur le marché. Il ne cache pas que ce type de projet requiert pas mal de labeur et d’énergie et qu’il prend forcément du temps. Chacun ne pourra que suivre son propre rythme. A titre d’exemple seulement, l’auteur envisage un planning de six mois, depuis la sélection des images jusqu’au bon à tirer (BAT), à la réception des copies et au dépôt en librairie.

Le sujet et le public du livre étant défini, on suit donc par le menu les différentes étapes, en commençant au besoin par une numérisation correcte. Le rassemblement de fichiers numériques permettra alors de penser utilement la maquette et la mise en page: choix du format, dimensions et nombre de pages, équilibre des éléments dans chacune des pages, couverture. Et puis d’aborder, de bien comprendre et de trancher toutes les questions que soulève le texte dont le choix d’une police de caractères, les mentions légales et les légendes.

On apprend à dresser et établir une demande de devis selon la qualité du livre, à choisir le type d’impression, la reliure, les vernis et le conditionnement. Il importe de savoir ce qu’il est permis ou non d’attendre de l’imprimeur: il faut savoir préparer correctement ses photos pour l’impression afin d’éviter les mauvaises suprises. Des interviews de professionnels de l’édition, de l’impression ou de la diffusion apportent les éclairages utiles et soulignent à quel point la réussite du projet commandera d’être bien conscient des responsabilités respectives de l’auteur-photographe et de son imprimeur.

Le sérieux dans l’implication s’impose à chaque stade, y compris dans la correction des épreuves, dans le dialogue à et avec l’imprimerie, et enfin dans les démarches commerciales pour vendre son produit fini, ce rêve enfin devenu réalité. Outre le désir de laisser une trace, la conception d’un livre de photographie telle que présentée par Gildas Lepetit-Castel est un véritable acte de création. Un aboutissement, en somme.

A nous de jouer.

(*) Concevoir son livre de photographie. Editing. Mise en page. Impression. 2è édiion. Gildas Lepetit-Castel. Editions Eyrolles. Broché, 190 pages, format 17×21, 26 €

Le post-traitement par l’exemple selon la méthode de Scott Kelby

Logiciel de prédilection des photographes, Lightroom est un logiciel évolutif. Les nouvelles fonctionnalités de Lightroom Classic, qui viennent d’être dévoilées cet automne et notamment la sélection automatique du ciel ou du sujet, rapprochent sans doute quelque peu le logiciel de Photoshop. Elles exigent des utilisateurs une certaine disponibilité à vouloir s’adapter pour tirer pleinement profit des outils, même si les aménagements ne sont jamais radicaux. On pourrait penser que ces versions successives rendent assez rapidement obsolètes ou incomplets certains supports utilisés pour se former. Si l’on en juge par le nombre des ouvrages consacrés aux logiciels les plus courants, nombreux pourtant restent les amateurs désireux de trouver dans un livre les moyens d’améliorer leurs images et leur créativité.

© Editions Eyrolles

Scott Kelby, dont les activités couvrent la formation, l’enseignement et l’édition, est l’auteur de plus de cent ouvrages traduits en une douzaine de langues. On se souviendra notamment de son « tout en un » sur la photographie numérique. Il partage à présent, dans une nouvelle publication des Editions Eyrolles (*), sa méthode de travail pour traiter ses images grâce aux outils de Lightroom.

En dépit du titre choisi pour la traduction de ce livre, le système en sept points-clés ou étapes exposé par Kelby s’applique également à la version cloud de Lightroom. On tiendra simplement compte du fait que certaines fonctions ne sont pas reprises sur le cloud ou ne sont pas désignées de la même façon. Ceci vaut, par exemple, pour les corrections de l’objectif. Comprenne qui pourra.

Les points-clés de la méthode Kelby sont ici appliqués par l’exemple au travers de 21 leçons proposées pour tous les genres photographiques: photo de paysage (vue sur mer, reflets sur un lac), intérieur patrimonial, portrait en extérieur et portrait de mariée, aviation, automobile, sport, architecture, etc. On précisera, si besoin est, que la méthode illustrée dans ce livre peut parfaitement s’appliquer pour les images en format JPEG, même si le choix d’un profil en RAW est le tout premier point (élémentaire, mon cher Watson) du flux de travail que recommande Kelby.

Tous les points-clés ne devront pas être appliqués pour chaque photo mais Kelby insiste bien pour que l’ordre des leçons soit respecté par son lecteur, même celles qui détaillent le post-traitement d’une image relevant d’un genre non pratiqué par lui. Chaque leçon, fait valoir Kelby, inclut en effet des astuces qui serviront dans les suivantes. Suivez bien le guide, par conséquent. Il s’agit, somme toute, d’assimiler par la répétition certaines habitudes de traitement, pas de découvrir des fonctionnalités cachées ou moins évidemment accessibles du logiciel.

© Scott Kelby, un formateur sur le terrain © KelbyOne

Le livre aborde Photoshop dans ses deux dernières leçons puisque Lightroom a été conçu pour collaborer avec Photoshop. En revanche, il n’aborde ni le catalogage ni les autres volets de Lightroom Classic comme le diaporama, l’impression ou la publication sur le web.

Qu’est ce qui fait dès lors la spécificité de ce livre? Scott Kelby se veut différent et joue les modestes en partageant des images imparfaites telles qu’elles sont sorties de son appareil. Il est vrai qu’un photographe réputé aura tendance à montrer son travail fini plutôt que ses images originales. Mais c’est naturellement le propre d’une telle démonstration par l’exemple de partir d’une photographie insatisfaisante en soi pour guider l’élève dans les étapes du processus en montrant l’impact des corrections successives.

Comme à son habitude, notre ami Scott ne peut s’empêcher d’émailler son propos de quelques plaisanteries plus ou moins fines qui n’apportent pas grand-chose à l’ouvrage. Autre petit bémol: un suivi des étapes de post-traitement en version livresque ne permet pas toujours d’observer clairement les corrections effectuées sur l’image, qui sont moins perceptibles qu’à l’écran. Scott a toutefois poussé la bonté jusqu’à permettre à ses lecteurs de télécharger les photos utilisées dans ce livre. Un bon point pour lui.

Le but est bien sûr de faire ensuite travailler le lecteur sur ses propres images, en étant conscient que si la méthode doit permettre de faire, à partir de photos simplement correctes, des images qui sortiront du lot, ni Lightroom ni un autre logiciel ne fera jamais de miracle à partir d’une photo ratée. Tout se joue dès la prise de vue, on ne le répétera jamais assez.

(*) Lightroom Classic. La méthode de Scott Kelby. Editions Eyrolles, 264 pages, broché, format 20x25, 27€ (18,99€ en version numérique).

D’autres parutions récentes chez Eyrolles:

Photo lumière. 52 défis. Dans une collection à petit prix dont nous avons déja présenté d’autres titres consacrés à la photo de paysage, à la photo de voyage et à la photo de nature, un nouvel ouvrage pour apprendre à jouer avec la lumière, créer une atmosphère et partager ses émotions. Un format destiné aux amateurs désireux d’essayer de nouvelles choses et de trouver — pourquoi pas au hasard? — des incitations à développer leur créativité sans entrer dans les détails de la technicité. Auteur: Anthony Zacharia, Editions Eyrolles, 128 pages, broché, 12,90€.

Photographe de mariage. Pour le meilleur et pour le pire. Après l’art du portrait corporate, Eyrolles met sur le marché un autre livre à destination de ceux qui veulent vivre de la photo dans un créneau spécialisé. La photo de mariage, un service autrefois dispensé essentiellement par les magasins photo, a bien évolué. Le matériel du photographe, les attentes et la mentalité des clients aussi. Cet ouvrage ne vous cachera rien de ce qui fait aujourd’hui un bon photographe de mariage. Il vous expliquera comment saisir les moments magiques et savoir gérer les aspects les plus difficiles et les plus délicats des prestations. Complet, soigné et résolument pratique, ce « livre coach » contient aussi des témoignages et des exercices proposés par un professionnel qui partage aussi ses conseils et son éxpérience sur You Tube et son site. Auteur: Sébastien Roignat. Editions Eyrolles, 240 pages, broché, 25€.

Raconter une histoire en images : la méthode de Finn Beales

© Editions Eyrolles

Rares sont les adeptes de la photographie artistque qui peuvent se permettre de vivre de leur passion. Pratiquant une photographie commerciale, ils ont recours à des techniques qui peuvent également s’appliquer en dehors d’une activité professionnelle. Ainsi en est-il du storytelling, cet art de raconter des histoires.

Finn Beales a rencontré le succès en pratiquant la photographie de voyage, de ‘lifestyle » et la photographie commerciale. Adepte enthousiaste d’Instagram où il revendique 600,000 abonnés, il a déjà appliqué son style de photographie cinématique s’appuyant sur la narration au service de nombreuses marques d’envergure internationale telles Omega, Cartier, Apple ou encore des firmes automobiles comme Nissan, Land Rover ou Mazda. Il a également assuré la promotion touristique de plusieurs régions dont le Pays de Galles où il réside.

Beales est sans doute un parfait exemple d’une génération de créatifs s’appuyant sur internet et sur les réseaux sociaux pour construire leur carrière et leur vie. Fort de son succès, il a mis sur pied à l’invitation de son complice Alex Strohl un atelier à destination d’élèves (anglophones, précisons-le) désireux d’apprendre à construire une narration en images.

La méthode de Beales se décompose en cinq étapes, de la présentation à la livraison du produit en passant par la préparation d’un projet, la prise de vue et l’édition.

C’est la version livresque de cet atelier et de cette méthode de travail consignée dans une publication au Royaume-Uni que nous propose en traduction française la maison Eyrolles (*). Dans cet ouvrage, Beales reprend tout d’abord les fondamentaux, soit l’équipement nécessaire et les qualités d’une bonne image, avant de décomposer le processus de création d’une série photographique qui se voudra captivante pour son audience et le client potentiel du photographe. Chaque section de ce livre contient des exercices présentant les techniques essentielles, des idées de projets pour stimuler leur créativité avec des astuces et des exemples concrets.

Si la technologie ne cesse d’évoluer et si les modes changent, Beales, cet utilisateur d’applications qui admet avoir utilisé son iPhone pour de nombreuses illustrations de ce livre, prend pourtant soin d’avertir que suivre la mode est la meilleure façon de produire des clichés vides: « Je peux vous expliquer des techniques narratives mais je ne peux pas changer votre personnalité », écrit-il.

Un livre et une méthode destinés également aux amateurs mais surtout, nous semble-t-il, aux futurs professionnels désireux de séduire et de gagner en influence afin de proposer et vendre leurs services.

(*) Le storytelling en photographie. Finn Beales. Préface Alex Strohl. Editions Eyrolles. Broché, 176 pages, format 17×23 cm, 21 €.

De Léonard Misonne à Volker Gilbert : maîtriser l’exposition

Waterloo Place. Une photographie de Léonard Misonne, 1899.
Domaine public.

« Le sujet n’est rien; la lumière est tout! » Cette affirmation, peut-être quelque peu catégorique, est aussi un peu datée: elle est attribuée à l’un des maîtres du pictorialisme, le photographe belge Léonard Misonne (1870-1943). Elle renvoie pourtant à l’essentiel et à ce que de nombreux photographes amateurs, dans les clubs ou ailleurs, négligent trop souvent.

© Editions Eyrolles

Les progrès de l’intelligence artificielle et de l’automatisation dans la conception des appareils photographiques permettent aujourd’hui de faire sans difficulté et de partager sans attendre avec le monde entier des images correctement exposées. Il n’empêche qu’une bonne exposition implique toujours de faire parvenir sur la surface sensible (le capteur, autrefois le film) la quantité de lumière nécessaire pour représenter le sujet. L’exposition doit permettre de traduire notre sensibilité artitstique.

La qualité de la lumière intervient elle aussi de manière essentielle en révélant ou en dissimulant couleurs, formes et textures selon le propos du photographe. Le numérique n’a pas bouleversé ces données fondamentales de l’acte photographique.

Avec Les secrets de la lumière et de l’exposition (*) qui fait l’objet d’une nouvelle édition chez Eyrolles, Volker Gilbert, photographe, expert et formateur bien connu des lecteurs du Monde la Photo, souhaite nous aider à reprendre le contôle de l’exposition en passant en revue les fondamentaux de la prise de vue et du post-traitement.

Gilbert part donc des trois paramètres qui constituent le fameux triangle d’exposition (l’ouverture, le temps de pose et la sensibilité) avant d’examiner les propriétés de la lumière. Le livre entre alors dans les rouages de la capture numérique et de la mesure de la lumière, des modes de mesure aux modes d’exposition, Il aborde des notions telles que le taux de contraste et la plage dynamique, la sensibilité et le bruit numérique, les formats de fichiers. Il nous apprend à interpréter l’histogramme, à utiliser les filtres pour contrôler la quantité de lumière et à maîtriser les contrastes. Gilbert nous propose ensuite des études de cas d’exposition avant de nous guider assez longement dans le post-traitement et les manières d’ajuster l’exposition a posteriori.

Assurément concret, le livre se veut aussi complet avec des annexes dont un glossaire des termes techniques ainsi qu’une liste d’autres ouvrages pour les curieux désireux d’approfondir certains domaines ou procédes. Gilbert a poussé l’élégance — on applaudit — jusqu’à renvoyer vers d’autres auteurs et d’autres éditeurs.

Cet ouvrage devrait encourager ses lecteurs à s’interroger sur le rendu qu’ils souhaitent obtenir et à utiliser les bonnes techniques pour parvenir à leurs fins. Il devrait les convaincre de développer leur sensibilité à la lumière (et donc à l’ombre aussi) et de ne pas se contenter d’apprécier la lumière d’une manière seulement quantitative.

Léonard Misonne. Près du moulin. Années 1910. Domaine public

Car la lumière ne doit pas seulement exister en quantité suffisante; elle doit aussi, comme ci-dessus chez notre cher Léonard Misonne, servir le propos de l’image et de l’artiste-photographe.

Sans lumière, il n’y a pas vraiment photo!

On signalera à cette occasion que dans la même collection Secrets des photographes ont déjà paru en cette même année 2021 chez Eyrolles:

(*) Les secrets de la lumière et de l’exposition. Visualisation – Réglages – Prise de vie – Post-traitement. Volker Gilbert. 2è édition. Edition Eyrolles. Collection Secrets des photographes. Broché, 236 pages, format 17×23 cm, 26€.

L’art du portrait corporate avec Milena Perdriel

Portraitiste à Paris, Milena Perdriel inaugure une nouvelle collection des Editions Eyrolles avec un ouvrage consacré au marché et à la pratique de la photo de portrait pour des professionnels, autrement dit le « portrait corporate » (*). Son livre fait le choix de ne pas s’attarder sur les aspects techniques d’une séance pour un usage professionnel, nous épargnant les explications que les intéressés maîtrisent déjà ou trouveront aisément par ailleurs.

Plutôt que des plans d’éclairage, Milena Perdriel partage donc par le menu le script de ses prestations, depuis le contact initial avec ses clients divers (dirigeants, employés, indépendants, personnes en recherche d’emploi) jusqu’au traitement et à la livraison des images. Bien structuré et s’appuyant sur une maquette agréable dosant parfaitement texte et illustrations, son livre décline d’abord les catégories de clients selon leurs sollicitations et besoins de même que les types de portraits. Il aborde les questions habituellement soulevées par la clientèle tout comme celles qu’il convient, pour s’épargner des mauvaises surprises, de soulever avant la séance et auxquels le futur modèle ne pense pas forcément.

La porte du studio s’ouvre alors pour le déroulé d’une séance avec des modèles-types aux profils variés auxquels la photographe suggère des poses, tenues, accessoires et cadrages destinés à rencontrer leurs attentes en fonction de la destination finale des images et de leurs cibles. Qu’il s’agisse d’illustrer le site internet d’une entreprise commerciale, de mettre en valeur un individu ou une équipe pour une publication dans la presse ou tout autre contenu visuel à des fins de communication, le portrait corporate obéit forcément à d’autres lois que le portrait personnel et artistique.

S’il s’adresse naturellement en priorité aux photographes professionnels ou aux candidats à l’exercice de cette activité, cet ouvrage contient des enseignements pour les autres passionnés du portrait photographique, notamment quand il traite des types de portrait, de l’atmosphère d’une séance et de la relation entre le photographe et son sujet. Toujours concret, le livre montre à quel point chaque rencontre autour d’un portrait doit être abordée avec un mélange de délicatesse, de savoir et d’énergie. Bien appliquées, ces valeurs feront du résultat final un travail qui mettra en valeur la personnalité de la personne photographiée en lui apportant autant qu’au ou à la photographe une satisfaction non seulement professionnelle mais aussi personnelle.

Avec ce détour dans les coulisses du portrait professionnel, Milena Perdriel nous présente un plaidoyer honnête et convaincant pour sa spécialité.

(*) Portrait corporate. De l’accueil du client à la sélection des images, le déroulé d’une séance photo. Milena Perdriel. Editions Eyrolles, collection Ma séance photo. Broché, 142 pages, format 17X20, 25 €.

Trouver des sujets dans notre quotidien avec Harald Mante

Après la publication, il y a un an, de son ouvrage de référence dédié à la théorie des couleurs, les Editions Eyrolles diffusent un autre livre d’Harald Mante (*). Ce photographe, designer et profes­seur allemand issu du Bauhaus, âgé aujourd’hui de 85 ans, exerça une grande influence sur la photographie couleur, en particulier mais pas seulement dans son pays. La nouvelle parution est la refonte d’un ouvrage édité il y a 25 ans sous le titre Motive kreativ nutzen (Utiliser des sujets de manière créative), plus explicite au demeurant que le titre en français.

© Editions Eyrolles

Avec sa compagne, la sculptrice Eva Witter, Mante a remis l’ouvrage sur le métier, muni, nous dit-on en préface, d’un petit boîtier numérique et d’un smartphone afin de renouveler complètement les illustrations. Ceci nous vaut plus de 400 images à l’appui de courts textes qui nous invitent à puiser dans tout ce qui nous entoure des « motifs » (entendez des sujets) à photographier. Mante nous incite à garder les yeux ouverts, à aiguiser notre regard pour faire de ces « motifs », à priori banals, des images créatives.

Tout commence donc par la reconnaissance du sujet et se fonde sur le principe selon lequel « vous ne pouvez reconnaître que ce que vous connaissez déjà ». Mante a l’ambition de nous faire découvrir de nouveaux points de vue en trouvant matière partout: fenêtres factices, maisons mitoyennes dont les couleurs présentent un contraste, voitures en stationnement, mannequins en vitrine, cadre à l’intérieur du cadre, reflets et architecture en miroir, et même…toilettes publiques.

Une certaine banalité transparaît aussi dans les textes de l’ouvrage (« une ligne verticale divise l’image en deux parties, gauche et droite ») et la réactualisation de l’écrit ne va pas sans l’énoncé de quelques évidences: partant du constat qu’en raison des réseaux sociaux, « le délai entre la création d’une photo et sa diffusion est devenu très bref » et que « la plupart des sujets sont devenus quelque peu ordinaires », il faudra forcément trouver « des interprétations et associations nouvelles ».

Ce livre, dont le didactisme peut ou non s’apprécier selon votre sensibilité, permet par ailleurs de réfléchir sur la présentation d’une séquence photographique, depuis la paire d’images jusqu’aux séquences beaucoup plus longues. Mante nous présente ses propres séries comme celles réalisées à quatre mains, qui sont sans doute les plus originales. Un exemple: les deux partenaires, lors de la visite d’un château, utilisent exceptionnellement cette fois-là des appareils argentiques et notent que certains détails se chevauchent dans la mémoire. D’où le recours au procédé classique de la surimpression pour fusionner leurs vues de l’intérieur et de l’extérieur du château en une seule image. Et là alors, c’est vrai, nous sommes bluffés.

(*) La photo. Composition et motif. Harald Mante, Eva Witter. Adapté de l’allemand par Volker Gilbert. Editions Eyrolles. Cartonné, 190 pages, format 27×26, 28€.

La photo de paysage en 52 défis

Continuer à apprendre, suivre de nouvelles envies, avoir d’autres projets: tel sera toujours le meilleur moyen, en photographie comme ailleurs, de stimuler sa créativité. Pour renouveler sa pratique, essayer des techniques différentes, en un mot pour progresser, rien de mieux que de se fixer de nouvelles missions. Les livres et manuels de photographie peuvent comme toujours nous venir en aide et ceci vaut aussi à l’intérieur même d’un domaine particulier. Un petit ouvrage publié par les Editions Eyrolles (*) dans la collection des 52 défis nous propose d’élargir notre horizon dans le domaine de la photographie paysagère.

© Editions Eyrolles

Sans vous encombrer de technique et sans entrer dans les détails (la collection se décline dans un format modeste et à prix doux) , le livre se veut guide d’inspiration. Certaines propositions sont assez simples (changer de point de vue, photographier au ras du sol ou d’un emplacement élevé) ou plutôt convenues (briser les règles, saisir les contrastes). D’autres sont moins courantes (jouer avec l’infrarouge) ou dans l’air du temps comme le recours à la technique du light painting, prisée par les utilisateurs d’une lampe torche pour illuminer subtilement (à vérifier) leur sujet.

Nos préférences personnelles parmi ces propositions nous portent vers les classiques: se lever tôt, utiliser un temps de pose d’une seconde ou plus, et puis tout ce que peuvent offrir les bords de mer, que les vagues soient déchaînées ou qu’elles portent à ralentir le mouvement et à créer le flou. S’agissant du paysage, bon nombre de ces défis supposent l’utilisation d’un trépied ou d’un filtre (polarisant, de densité neutre ou coloré).

Les derniers défis ne valent pas seulement pour les paysages: créer une plate-forme pour présenter ses images, ne pas laisser les meilleures de celles-ci sur un disque dur ou dans un téléphone mais les tirer ou les faire tirer. Avec une évidence, qui sonne comme un paradoxe à l’heure des smartphones et du « tous photographes »: le tirage est bien plus accessible aujourd’hui qu’au temps de l’argentique.

Comme pour la photo de voyage, la photo de nature et les autres ouvrages de cette série, nul besoin bien sûr de relever tous ces défis dans l’ordre. Le principe du livre est d’y puiser une idée ou une technique selon la situation, le sujet ou l’envie du moment. L’important est de faire des expériences sans craindre de faire des erreurs. Et de suivre le conseil final des auteurs: amusez-vous!

(*) Photo de paysage. Collection 52 défis. Ross Hodindod & Mark Bauer. Editions Eyrolles. Broché, 128 pages, format 14 x 21; 12,90 €.

D’autres idées pour l’été

Photographier les oiseaux:

© Editions Eyrolles

Nouvelle parution dans la collection Secrets de photographe (Editeur/ Eyrolles), un ouvrage d’Erwin Balança nous aide à comprendre le comportement des oiseaux pour se lancer dans une pratique délicate. Un domaine de la photo dans lequel les progrès dans les performances du matériel photographique ont certainement contribué à la prolifération d’images spectaculaires, dans les clubs et concours photo notamment. Observer et photographier ces créatures merveilleuses sont toutefois deux choses différentes. Ce livre contient des conseils de terrain et de prise de vue pour saisir nos amis à plumes, farouches ou non, dans les parcs ou sur le littoral. Le tout dans le respect impérieux d’une règle d’or: ne pas déranger l’oiseau.

La même collection s’était déjà enrichie cette année d’ouvrages sur les secrets de l’astrophoto, des anciens procédés alternatifs, et même de la photo de boudoir. Dans ce dernier livre, Hélène Dourland partage son expérience pour qui voudra aborder avec délicatesse ces séances un peu particulières, dans lesquelles « la relation avec le modèle est au coeur du lâcher-prise qui conduit à des images authentiques ».

Occuper les enfants:

© Editions Eyrolles

Envie d’emmener votre progéniture ou les participants à un stage à la découverte des secrets et mystères de la photographie? Avec « Mission Photo« (Editions Eyrolles, 18 €), Anne-Laure Jacquart, dont les livres ont ravi bien des amateurs, met ses qualités pédagogiques au service des plus jeunes. Elle guide ici les enfants à travers leurs parents, grands-parents, animateurs ou autres dans la joyeuse aventure de l’image, du cadrage à la composition.

La photographie, c’est un autre secret, est un jeu d’enfant.

L’été est là et le moment est venu de faire une pause. Et peut-être, du moins pour moi, de réfléchir à l’orientation de ce blog.

Bonnes vacances et belles photos!

Les outils de l’astrophotographe : lire et capter le ciel et les étoiles

© Editions Eyrolles

Qui dit paysage astronomique dit forcément très faible luminosité. Les APN et les objectifs les plus récents dotés des derniers perfectionnements dans la gestion des basses lumières et du bruit numérique rendent aujourd’hui plus facile la réalisation de superbes photographies du ciel nocturne. Investir dans un matériel pointu fera d’autant plus la différence mais rien n’empêche désormais de commencer avec un équipement relativement basique. Si les pleins formats 35 mm offrent les meilleurs résultats, l’utilisation d’un capteur plus modeste n’a rien de rédhibitoire.

Adam Woodworth a voulu permettre à tout détenteur d’un kit réflex ou hybride, muni de logiciels de traitement courants, de réaliser d’époustouflantes images de la voûte étoilée. Publié chez Eyrolles dans une traduction de l’anglais, « Photographier le ciel nocturne » (*) se propose d’initier aux techniques de la photographie en basse lumière telles la fusion d’exposition et des mises au point.

Sans couvrir tous les aspects de l’astrophotographie, Woodworth nous explique donc comment prendre plusieurs vues, comment les fusionner et les empiler pour créer l’image définitive. L’essentiel de l’ouvrage est consacré au matériel, aux réglages de l’appareil et de l’exposition mais aussi à la planification des sorties, ce qui suppose l’acquisition de quelques bases d’astronomie et de météo. On passe en revue les logiciels de cartographie et le flux de travail en étapes tel que l’enseigne Woodworth dans ses formations et séminaires qu’il dispense pour Nikon aux Etats-Unis. Woodworth partage avec son lecteur ses astuces et conseils et termine par quelques études de cas qui donnent réellement envie de passer du temps sous les étoiles.

Le côté « manuel » de l’ouvrage est bien équilibré par une présentation très séduisante et par les superbes photographies de Woodworth. Une précision: n’attendez pas de ce livre qu’il vous explique comment photographier la lune ou les traînées d’étoiles. Il s’agit plutôt ici de maîtriser son sujet devant la Voie lactée, la Constellation d’Orion, la Grande Casserole et le Nuage de Magellan sans compter les aurores boréales. Les images de Woodworth sont publiées dans les magazines spécialisés. Découvrez-les également sur son site. Vous serez épatés.

© Editions Eyrolles

Dans le même domaine, on signalera la réédition chez le même éditeur des « Secrets de l’astrophoto » (**), un ouvrage de Thierry Legault, astrophotographe amateur de renommée mondiale dont les photographies sont régulièrement publiées dans la presse du monde entier, spécialisée ou nom.

Les photographes amoureux du ciel et des étoiles, les curieux qui ne sont pas encore très expérimentés trouveront dans ce livre mis à jour toutes les informations sur le matériel de base et son utilisation. Les astrophotographes en herbe apprendront ici aussi à préparer leur sortie, à effectuer les repérages et à anticiper le spectacle du ciel. L’ouvrage aborde les techniques et les traitements essentiels, couvrant astropaysages et Voie lactée, aurores, planètes, satellites. Ce livre-ci vous dira également comment photographier la Lune, le Soleil (protégez-vous d’abord!), les éclipses, sans compter les nébuleuses et les galaxies.

Legault est en outre l’auteur de Astrophotographie (trois éditions chez Eyrolles), un ouvrage plus exhaustif déjà traduit en plusieurs langues et qui fait véritablement office de référence sur le sujet. L’astronome-auteur en effet est une autorité en la matière au point que l’Union astronomique internationale, seule habilitée àdonner leur nom aux objets célestes, a donné son nom à un astéroïde.

L’astrophotographie est certes l’une des formes de photographie parmi les plus exigeantes: la patience est essentielle et le savoir-faire particulièrement indispensable mais il est possible de réaliser des clichés étonnants sans investissements trop importants. Anthony Pidgeon, photographe professionnel expérimenté, l’assure : dans ce domaine, « tout événement aléatoire est une source de richesse. Acceptez-le et votre expérience de la photographie nocturne vous réservera des surprises étonnantes. »

(*) Photographier le ciel nocturne, Adam Woodworth. Editions Eyrolles. Broché, 208 pages, format 23,5 x 25,5 cm. 28 €.

(**) Les Secrets de l’astrophoto. Matériel – Technique – Observation. Thierry Legault. Editions Eyrolles. Collection Secrets de photographes. Deuxième édition. Broché, 132 pages, format 17 x 23 cm, 24 €.

Questions-réponses pour une culture photo avec JC Béchet

© Editions Eyrolles

Le goût s’éduque, en photographie comme ailleurs. Et la culture photographique est un bien précieux, qui s’acquiert. Cela n’a rien d’ennuyeux — que du contraire, comme le prouve un livre récemment sorti de presse aux Editions Eyrolles. L’ouvrage (*) se présente comme « une exploration des coulisses de la création photographique en 200 questions esthétiques et pratiques ».

Le livre est co-signé par le photographe Jean-Christophe Béchet, auteur d’une bonne vingtaine de livres de photographies. Cet ancien rédacteur-en-chef adjoint du magazine Réponses-Photo anime par ailleurs des ateliers photo et ses écrits comprennent également des ouvrages et textes très pertinents sur la photographie (**) . L’autre signataire du livre, Samuel Decklerck, est professeur de philosophie en lycée et fut président du club photo d’Angers.

Sous forme de réponses aux questions formulées par son complice, Jean-Christophe Béchet partage ici ses réflexions, jamais obscures et toujours enrichissantes, en traitant d’abord en profondeur les thématiques essentielles du portrait, du paysage et de la photo de rue. Il aborde les choix esthétiques et techniques comme les questions pratiques sans aucun recours au jargon, en photographe doublé d’un journaliste-communicant très averti. Ses références sont fondées sur une curiosité jamais limitée à son propre pays et au monde anglo-saxon.

Le propos se nourrit des propres expériences de Béchet, de ses connaissances approfondies sur l’évolution de la photo, des pratiques des meilleurs photographes et des situations rencontrées par ceux-ci dans leur travail. Béchet nous parle ainsi des portraits de Marylin Monroe ou de Picasso, des approches d’Ansel Adams ou de Robert Franck comme de la mission photographique de la DATAR. Il explique les origines de la « street photography », resitue les genres et leur naissance dans leur contexte, précise les différences entre les méthodes de Garry Winogand et de Lee Frielander dans les rues des grandes villes américaines.

Tout au long du livre émaillé de conseils, de notes discrètes et d’une bibliographie sélective, le jeu des questions-réponses fait de la culture photographique un terreau on ne peut plus vivant : sans prétendre à l’exhaustivité mais avec une subjectivité bien documentée, Béchet nous passionne toujours et ne lasse jamais. C’est clair et intelligemment dit.

Béchet défend l’idée que la photographie suppose en fin de compte une matérialité, que le mot « photographe » garde aujourd’hui tout son sens mais ne peut s’appliquer à ceux qui s’approprient ou utilisent les photos faites par d’autres pour les transformer et en faire leur propre création. Pour Béchet, une photographie n’est pas une simple image mais un véritable objet. Autrement dit, c’est le tirage qui fera d’une image une photographie et « c’est encore plus crucial pour une photographie d’art ».

Reproduction en poster du Baiser de L’Hôtel de Ville

En quelques pages, on lit ou relit aussi la véritable histoire du mythique Baiser de l’Hôtel de Ville (Robert Doisneau, 1950), une photo de rue réalisée pour Life et ressuscitée 36 ans après la prise de vue, qui empoisonna d’une façon malheureuse la vie de son auteur. Lequel n’avait jamais eu la moindre intention de « fabriquer » ce qu’il ne considérait même pas comme une de ses meilleures photos.

L’ouvrage s’achève sur un chapitre consacré aux pratiques contemporaines, plus controversées, de la photographie qualifiée de plasticienne, conceptuelle ou créative. Il ne s’agit plus d’un type de sujet mais de la manière de traiter son sujet et d’une approche stylistique susecptible d’englober tous les thèmes possibles.

Béchet, dont une partie du travail peut s’apparenter à la photographie plasticienne, fait subtilement la part des choses ici aussi. Sa conclusion? Ne pas abandonner le discours mais aussi la recherche créative à « ceux qui veulent ‘dissoudre’ la photographie dans une grande ‘ratatouille esthétique’ qui serait un mixte des arts plastiques et visuels ». Tout commence et tout finit par la pratique.

A vos boîtiers!

(*) Acquérir une culture photo. Sous-titre : Une exploration des coulisses de la création photographique en 200 questions esthétiques et pratiques. Auteurs : Jean-Christophe Béchet, Samuel Decklerck. Editions Eyrolles. 200 pages. Broché, format 17 x 21. 28 €.

(**) Voir notamment l’excellent Petite philosophie pratique de la prise de vie photographique, avec Pauline Kasprzak, Creaphis Editions, 2014.

Albert Watson, un maître de la créativité photographique

Andy Warhol, New York, 1985
© Editions Eyrolles

Né en 1942 à Edinburgh (ou Edimbourg, Ecosse), Albert Watson est l’auteur de photographies emblématiques créées depuis plus de 50 ans. La palette de son travail est très large, des portraits intimes à la photo de mode en passant par des paysages spectaculaires et des natures mortes. Watson est notamment l’auteur d’affiches de films, d’innombrables couvertures pour Vogue, Rolling Stone et Time ainsi que d’un calendrier Pirelli. Photographe des célébrités, ses campagnes publicitaires pour Chanel notamment lui ont valu le succès dans le milieu. Son portrait de Steve Jobs fit en 2011 la couverture de la biographie autorisée de l’entrepreneur.

Watson expose sa vision de la photographie dans le deuxième volume de la série Masters of photography que viennent de publier les Editions Eyrolles (*). Ce livre fait suite à celui consacré à Joel Meyerowitz dont nous avions rendu compte ici lors de sa parution en février 2020.

Masters of Photography s’est donné pour projet de faire appel aux plus grands photographes pour qu’ils nous guident et nous transmettent les enseignements de leur pratique. Pas d’exposés trop techniques mais plutôt des « leçons » (si on veut bien comprendre qu’il n’y a rien de rébarbatif dans le terme) dans lesquelles les maîtres exposent, dans des vidéos comme dans de séduisants petits livres, leurs méthodes et leur approche de la photographie. Les vidéos des Master Classes de Joel Meyerowitz, d’Albert Watson et de Steve McCurry sont disponibles en français sur: https://maitres.photo/

Dans ce livre et cette masterclass, Albert Watson dévoile notamment comment il a réalisé quelques-unes de ses photographies les plus célèbres dont son portrait d’Alfred Hitchcock destiné au magazine Harper’s Bazaar (1973). Le cinéaste, par ailleurs excellent cuisinier, devait y partager une recette pour Noël. Sur ce cliché pris à l’encontre des attentes initiales de son client mais jouant sur la personnalité et la réputation du cinéaste, le maître du suspense tient une oie déplumée par le cou comme s’il venait de l’étrangler.

Alfred Hitchcock and goose, 1973. © Albert Watson

Très sollicité par les magazines de beauté et de mode, Watson fit poser la jeune Kate Moss en lumière et en tenue toute naturelle pendant une longue journée au soleil du Maroc. Ce n’est qu’à l’issue de la séance que son modèle lui apprit qu’elle fêtait ce jour-là son 19è anniversaire. L’acteur Jack Nicholson fut apparemment complaisant lui aussi en restant longtemps assis sous la neige devant les montagnes du Colorado : le photographe, qui souhaitait cette image évoquant le dernier film à succès de l’acteur, eut le temps de prendre un petit déjeuner au chaud dans la maison de celui-ci avant de sortir prendre la photo. Avec Watson, c’est l’idée qui prime! En photo publicitaire comme dans les autres genres, en effet, le maître-mot du maître Watson est décidément la préparation: réfléchir avant la séance, trouver l’idée amusante ou qui fait mouche, définir le concept à faire passer.

En 20 chapitres qui peuvent paraître courts à la lecture, Watson couvre tous les domaines, de l’éclairage et du choix des objectifs au travail en studio et à la photographie de paysage dans son Ecosse natale (superbes images de l’île de Skye) ou au Maroc, qu’il découvrit en 1978 pour le magazine Vogue. Le photographe répondra dans les années 1990 à une commande du prince héritier, actuellement Roi du Maroc, un pays que Watson eut l’audace de photographier essentiellement en noir et blanc et où il passe désormais beaucoup de temps.

Aux photographes qui n’apprécient pas la technicité, je dis souvent qu’ils sont avantagés: toute leur concentration est dédiée à l’imagerie

Albert Watson

Ce petit ouvrage contient un avertissement fondamental, au coeur de la philosophie de Watson: ne jamais laisser la technique prendre les rênes au point de prendre le dessus sur l’image. La photo selon Watson, c’est 80 % de créativité et 20 % de technique. Une incitation à ne pas trop compter sur le post-traitement et à toujours s’assurer à la prise de vue que l’atmosphère générale et la lumière sont bonnes. Pétri d’idéées et doté des moyens de les réaliser, Watson se garde d’abuser des effets spéciaux.

Albert Watson à l’œuvre. 4è de couverture. Éditions Eyrolles.

Le livre est une parfaite introduction au photographe et vous donnera sans doute envie de passer plus de temps à voir à l’oeuvre et à écouter ce maître très influent. Vous apprendrez à mieux le connaître encore et à vous inspirer de ses méthodes au fil des six heures et demie de son enseignement en ligne.

(*) Albert Watson, une vision de la photographie. Editions Eyrolles. Format 14,5 x 20 cm, broché, 15,90 €.